Origine et histoire de la Tour du Bost
La tour du Bost, située à Charmoy en Saône-et-Loire, est un donjon quadrangulaire médiéval construit au XIIe siècle, puis modifié et rehaussé au XIVe siècle. Elle servait d’avant-poste de guet et de défense pour les châteaux d’Uchon et de Montcenis, tout en étant une habitation de prestige et le siège d’une seigneurie. Son architecture est remarquable, avec un étage de base voûté en pierre et un escalier de 103 marches intégré dans l’épaisseur des murs. À l’origine haute de 43 mètres, elle fut amputée d’une tourelle et de bâtiments annexes vers 1750, et perdit sa toiture lors d’un incendie en 1920.
La tour appartenait initialement à la famille Du Bois, qui la posséda du XIIIe au XVIe siècle. Guillaume Du Bois, au XIVe siècle, combattit les Grandes Compagnies aux côtés de Robert de Martinpuits. Ses descendants, comme Hugues et Jacques Du Bois, participèrent aux expéditions des ducs de Bourgogne et aux combats contre les Armagnacs. Après la mort de Charles le Téméraire en 1477, la famille perdit son influence, et le domaine passa entre plusieurs mains, dont celles des Moroges, des Chastellux, et des Durand de Chalas. La tour fut pillée pendant les guerres de Religion vers 1590, puis occupées par les Autrichiens en 1815.
Classée monument historique en 1908, déclassée après l’incendie de 1920, elle fut à nouveau classée en 1997. Depuis 1992, elle est en cours de restauration. Bien que située sur une propriété privée, elle est ouverte au public lors d’événements estivaux ou sur rendez-vous. Son architecture unique, avec ses cinq étages, ses cheminées gothiques ou Renaissance, et son système de défense médiéval, en fait un témoignage rare de l’histoire bourguignonne.
La tour était entourée d’étangs sur trois côtés et située sur une ancienne voie romaine devenue chemin médiéval. Elle permettait des échanges de signaux optiques avec le château de Montcenis. Ses sous-sols abritaient une cave, une citerne alimentée par une source, et une cuisine voûtée. Les étages supérieurs, plus ornés, reflétaient son double usage défensif et résidentiel. Aujourd’hui, il ne reste qu’une tour rectangulaire de 30 mètres, dépourvue de sa toiture mais conservant ses murs épais et son chemin de ronde.
Les armoiries des familles ayant possédé la tour, comme les Moroges (d’or à trois bandes d’azur) ou les Chastellux (d’azur à la bande d’or), rappellent son importance seigneuriale. La tour fut également liée à des figures comme François de Moroges ou le comte de Charrin, qui fit construire à proximité le château de Bruel au XIXe siècle. Son histoire reflète les bouleversements politiques et militaires de la Bourgogne, des ducs capétiens à la Révolution française.