Frise chronologique
1525
Première mention écrite
Première mention écrite
1525 (≈ 1525)
Hôtel cité dans le compoix de 1525.
XVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XVe siècle (≈ 1550)
Édification de la tour en briques.
1670
Rénovation majeure
Rénovation majeure
1670 (≈ 1670)
Ajout des portes jumelées et modifications.
13 octobre 1971
Classement MH
Classement MH
13 octobre 1971 (≈ 1971)
Inscription aux monuments historiques.
XXe siècle
Restaurations modernes
Restaurations modernes
XXe siècle (≈ 2007)
Travaux par les propriétaires privés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures (cad. H 652) : inscription par arrêté du 13 octobre 1971
Personnages clés
| Ignace de Brandouin - Seigneur de Frégedon |
Premier propriétaire connu en 1525. |
| Famille de Ciron - Propriétaires en 1605 |
Noble lignée albigeoise. |
| Famille de Gorsse - Propriétaires (XVIIIe-XIXe) |
Dernière famille noble propriétaire. |
| Abbés de Solages - Acquéreurs en 1921 |
Propriétaires via une société civile. |
| Gérard Alquier - Historien local |
A retracé l’histoire de l’hôtel. |
Origine et histoire
La Tour du Boutge est une tour fortifiée édifiée au XVe siècle à Albi, dans le Tarn. Construite en briques, matériau typique de l’architecture toulousaine et albigeoise, elle appartenait initialement à un hôtel particulier, reflétant le prestige des familles nobles locales. Son style sobre et ses éléments défensifs, comme l’encorbellement supérieur, suggèrent une vocation à la fois résidentielle et protectrice.
À l’époque de sa construction, Albi était une ville prospère, marquée par l’influence des évêques et des familles aristocratiques. La tour s’inscrit dans un contexte de renforcement des défenses urbaines, alors que la région sortait des troubles de la guerre de Cent Ans. Les briques, moins coûteuses que la pierre, permettaient une construction rapide et solide, tout en affichant un certain luxe.
La tour fut profondément remaniée en 1670, comme en témoignent les deux portes jumelées gravées de cette date. Ces modifications correspondent à une période de paix relative sous Louis XIV, où les édifices perdirent partiellement leur caractère défensif pour gagner en confort. La tourelle ronde ajoutée à l’angle nord-est et les fenêtres à colonnettes illustrent cette évolution vers un style plus résidentiel.
Au fil des siècles, la tour changea plusieurs fois de propriétaires, passant entre les mains de familles influentes comme les Brandouin, les Clari ou les de Ciron. Au XVIIIe siècle, elle appartint aux de Gorsse, une lignée noble locale, avant d’être vendue à des particuliers au XXe siècle. Ces changements reflètent les mutations sociales et économiques de l’Occitanie.
En 1971, la tour fut inscrite aux monuments historiques, reconnaissant sa valeur patrimoniale. Les restaurations menées au XXe siècle, comme la transformation de la toiture en terrasse, visèrent à préserver son intégrité tout en l’adaptant à des usages modernes. Aujourd’hui, elle reste un témoignage rare de l’architecture civile albigeoise, mêlant héritage médiéval et influences classiques.
La place Henri-de-Grosse, où elle se dresse, rappelle par son nom un ancien maire d’Albi, soulignant le lien entre patrimoine et mémoire locale. La tour, bien que privée, contribue à l’attractivité historique de la ville, aux côtés de la cathédrale Sainte-Cécile et du palais de la Berbie. Son état de conservation en fait un exemple remarquable des tours urbaines occitanes.