Frise chronologique
1360-1372
Hypothèse de construction anglaise
Hypothèse de construction anglaise
1360-1372 (≈ 1366)
Entre traité de Brétigny et reprise par Du Guesclin.
4e quart XIVe - 1er quart XVe siècle
Construction du donjon
Construction du donjon
4e quart XIVe - 1er quart XVe siècle (≈ 1525)
Période supposée de la tour, contexte guerre de Cent Ans.
XVIIe siècle
Remaniement du chemin de ronde
Remaniement du chemin de ronde
XVIIe siècle (≈ 1750)
Modifications architecturales et meurtre de Roger de Raymond.
1774
Vente à Jean Le Roy de Lenchères
Vente à Jean Le Roy de Lenchères
1774 (≈ 1774)
Acquisition par maréchal des Armées du Roi.
23 décembre 1964
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
23 décembre 1964 (≈ 1964)
Inscription donjon et chapelle à l’Inventaire Supplémentaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Donjon ; l'intérieur de la chapelle ornée de peintures murales ainsi que la couverture correspondante (cad. B 31) : inscription par arrêté du 23 décembre 1964
Personnages clés
| Roger de Raymond - Seigneur du Breuil (XVIIe siècle) |
Auteur d’un meurtre lié à une dette familiale. |
| Jean Le Roy de Lenchères - Maréchal des Camps et Armées du Roi |
Propriétaire en 1774, gouverneur de Corse. |
| Bertrand Du Guesclin - Connétable de France (XIVe siècle) |
Reprit la région aux Anglais vers 1372. |
| Odette des Roches de Chassay - Héritière (XIXe-XXe siècle) |
Transmit le Breuil aux Laferrière par alliance. |
| Édouard III - Roi d’Angleterre (XIVe siècle) |
Bénéficiaire du traité de Brétigny (1360). |
Origine et histoire
La Tour du Breuil, située à Dignac en Charente, est un donjon rectangulaire de 20 mètres de haut, construit entre la fin du XIVe et le début du XVe siècle. Elle domine les sources de l’Échelle, affluent de la Touvre, et était entourée de douves avec un pont-levis. Son architecture militaire (murs de 1,80 m d’épaisseur, mâchicoulis, créneaux) suggère une fonction défensive, bien que des remaniements au XVIIe siècle aient modifié certains éléments comme le chemin de ronde.
La tour aurait pu être édifiée par les Anglais entre 1360 (traité de Brétigny) et 1372 (reprise des places fortes par Du Guesclin), mais son style architectural laisse aussi supposer une construction plus tardive. Elle remplaçait une maison forte antérieure contrôlant les accès vers Angoulême, détenue par la famille des Raymond. Au XVIIe siècle, Roger de Raymond, seigneur du Breuil, y commet un meurtre lié à une dette de 26 000 livres.
Au XVIIIe siècle, le domaine passe entre les mains de plusieurs familles nobles : les Arnauld de Boueix, puis les Arnauld de Ronsenac, avant d’être vendu en 1774 à Jean Le Roy de Lenchères, maréchal des Camps et Armées du Roi. Ce dernier, gouverneur de Corse, aurait emprisonné le père de Napoléon Bonaparte. La propriété reste depuis plus de deux siècles dans la même lignée familiale (par alliance), via les Laferrière et les Villemandy de La Mesnière.
La chapelle attitrée, désaffectée avant 1789, conserve des fresques du XVe siècle (ou XIVe) représentant un chevalier adoubé, saint Michel, saint Christophe, et un roi à la fleur de lis. Ces peintures, bien que dégradées, témoignent de l’importance religieuse et symbolique du site. Le logis primitif, protégé par la tour et des tourelles (dont une détruite au XIXe siècle), a été partiellement remanié, avec des ajouts comme un bâtiment moderne en 1920.
Classée à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1964, la Tour du Breuil illustre l’évolution architecturale et sociale d’un site seigneurial, mêlant fonctions militaires, résidentielles et religieuses. Les murs en pierre de taille, les mâchicoulis intacts et les traces de fresques en font un témoignage rare de cette période charentaise.