Origine et histoire de la Tour du Connétable
La tour du Connétable, construite dans la première moitié du XVe siècle à Vannes, faisait partie des remparts de la ville et était destinée à loger le chef des armées du duc de Bretagne. Son nom provient de cette fonction, avec Arthur III de Bretagne, dit « le Connétable de Richemont », comme représentant le plus célèbre. Bien que fortifiée avec des casemates d'artillerie, son rôle initial était résidentiel plutôt que purement défensif. Elle était située près du château de l'Hermine, aujourd’hui disparu, et semble avoir contribué à sa défense.
La tour a connu divers usages au fil des siècles. Afféagée en 1676 après la perte de son intérêt militaire, elle devint une prison municipale en 1786, accueillant des personnes mentalement instables et des détenus. Pendant la Révolution et la chouannerie, elle servit de prison pour les nobles bretons impliqués dans l’affaire du débarquement de Quiberon. Au XIXe siècle, elle fut privatisée et utilisée comme dépôt d’antiquités, salle de réunion, de répétition, et même d’enseignement.
Classée monument historique en 1927 grâce à l’intervention d’associations locales, la tour fut restaurée après 1975, date à laquelle la ville de Vannes en redevint propriétaire. Aujourd’hui, elle accueille des expositions et des visites guidées. Son architecture combine des éléments défensifs (mâchicoulis, chemin de ronde) et résidentiels (salles polygonales, cheminées monumentales). La tour est devenue un symbole de Vannes, souvent représentée dans les arts et mise en valeur comme attraction touristique.
La tour se distingue par son intégration dans la seconde enceinte de Vannes, entre la Tour Poudrière et l’éperon de la Garenne. Elle est visible depuis plusieurs points intra-muros (place Lucien Laroche, rue du Rempart) et extra-muros (rue Francis Decker, promenade de la Garenne). Son escalier en colimaçon, ses fenêtres à meneaux et sa toiture pointue en font un exemple remarquable d’architecture militaire médiévale adaptée à un usage résidentiel.
Au XXe siècle, la tour a bénéficié d’une mise en valeur touristique, notamment sous l’impulsion du maire Francis Decker, qui aménagea les anciennes douves en jardin à la française après la Seconde Guerre mondiale. Un timbre postal émis en 1962 a immortalisé son image illuminée, soulignant son importance patrimoniale. Les légendes locales, comme l’emprisonnement supposé d’Olivier de Clisson en 1387, ont été démenties par les historiens, la construction de la tour étant postérieure à cet événement.