Origine et histoire
La tour Foubert, aussi appelée Maison de la Tabagie, était une tour fortifiée située dans le Vieux-Tours, aux 3 rue Boucicaut et 6-8 rue de Jérusalem. Construite probablement à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, son style architectural (arcs brisés, chapiteaux à demi engagés) suggère une origine médiévale. Ses murs épais de 1,66 m pourraient indiquer une fonction défensive, bien que son rôle exact reste incertain : hypothèses d’une défense avancée pour l’enceinte de Châteauneuf ou d’une construction par les habitants opposés au chapitre de Saint-Martin, sans preuve formelle. En 1323, elle entre dans les possessions de la collégiale Saint-Martin.
Réaménagée en habitation au XVIIe siècle, la tour prend le nom de Maison de la Tabagie après avoir abrité un jeu de paume. Elle appartient alors au fief de Sainte-Maure et est vendue comme bien national le 5 décembre 1791. À cette époque, elle compte trois étages sur rez-de-chaussée, mais sa hauteur initiale était peut-être supérieure. Son escalier en bois sculpté, datant du XVIIe siècle et orné des armes de saint Martin, est remarquable. Ce départ d’escalier, toujours visible au rez-de-chaussée avant sa démolition, est inscrit aux monuments historiques le 1er juin 1948.
La tour Foubert est démolie en 1958 après un effondrement partiel, lié aux travaux de réaménagement urbain de son îlot. Ces travaux entraînent aussi la disparition de la rue Boucicaut (ancienne rue des Crapauds), bordant le monument. L’escalier en bois, partiellement conservé, est aujourd’hui exposé à l’hôtel de Cluny à Paris. Sa destruction, intervenue sans étude archéologique préalable, a fait perdre un témoignage majeur de l’architecture médiévale et classique de Tours.
Les sources historiques divergent sur son origine exacte. Selon Monumentum, elle aurait constitué, avec la tour des Pucelle, un ouvrage de défense avancé pour la porte de l’Ecrignole dans l’enceinte de Châteauneuf. Cependant, cette hypothèse est contestée, tout comme celle d’une maison forte ou seigneuriale liée au fief de Saint-Maure. Les plans terriers de 1749 la désignent déjà sous le nom de Maison de la Tabagie, confirmant son usage résidentiel et social au XVIIIe siècle.
Architecturalement, la tour présentait un plan carré avec des façades décorées d’arcatures aveugles à quatre formes en arc brisé, retombant sur des colonnettes à chapiteaux feuillagés. Ces éléments stylistiques, typiques de la transition roman-gothique, renforcent l’hypothèse d’une construction autour des XIIe–XIIIe siècles. Les réaménagements ultérieurs, notamment l’ajout d’un escalier en appentis au XVIIe siècle, reflètent son adaptation aux besoins domestiques, loin de sa vocation défensive initiale présumée.