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Tour génoise de Campomoro à Belvédère-Campomoro en Corse-du-sud

Patrimoine classé Patrimoine défensif Tour Tour génoise

Tour génoise de Campomoro

    Torra
    20110 Belvédère-Campomoro
Propriété d'un établissement public
Tour génoise de Campomoro
Tour génoise de Campomoro
Tour génoise de Campomoro
Tour génoise de Campomoro
Tour génoise de Campomoro
Tour génoise de Campomoro
Tour génoise de Campomoro
Tour génoise de Campomoro
Tour génoise de Campomoro
Tour génoise de Campomoro
Crédit photo : Myrabella - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1583
Sac de Sartène
24 juillet 1585
Début des travaux
30 mai 1586
Achèvement de la tour
1779
Plans militaires français
1986
Cession au Conservatoire du littoral
1992
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tour de Campomoro et son enceinte fortifiée (cad. B 205) : inscription par arrêté du 4 août 1992

Personnages clés

Carlo Spinosa - Capitaine génois Dirigea la construction de la tour.
Famille Lorenzi de Bradi - Ancien propriétaire Céda la tour en 1986.
Michel Lorenzi de Bradi - Écrivain et journaliste Lié à l’histoire locale.

Origine et histoire

La tour génoise de Campomoro fut construite au XVIe siècle pour défendre la baie contre les incursions des pirates barbaresques, qui ravageaient les côtes corses. Commandée par la république de Gênes après le sac de Sartène en 1583, elle fut érigée sous la direction de Carlo Spinosa entre juillet 1585 et mai 1586. Avec un diamètre de 16,50 mètres, elle est la plus volumineuse de l’île et se distingue par son enceinte fortifiée en étoile, conçue pour résister aux attaques.

La tour jouait un double rôle : surveillance maritime et contrôle du trafic commercial dans le golfe du Valinco. Elle abritait une garnison permanente, une citerne, une salle de garde équipée d’une cheminée, et une plateforme armée d’une couleuvrine. Les machicoulis et une porte surélevée à cinq mètres du sol renforçaient sa défense. Son emplacement stratégique, au pied d’une baie abritée, en faisait un point clé pour la sécurité des populations locales, qui s’étaient repliées vers l’intérieur des terres pour échapper aux razzias.

Après des siècles d’utilisation militaire, la tour fut cédée en 1986 au Conservatoire du littoral par la famille Lorenzi de Bradi, puis classée monument historique en 1992. Restaurée et ouverte au public depuis 1989, elle abrite aujourd’hui une exposition sur les raids barbaresques en Corse entre les XVIe et XVIIIe siècles. Son architecture unique, combinée à son histoire liée à la piraterie méditerranéenne, en fait un symbole du patrimoine défensif corse.

La baie de Campomoro, autrefois refuge romain puis repaire présumé des pirates maures, doit son nom à cette histoire mouvementée (Campu moru, « camp des Maures »). La tour marqua le retour progressif des habitants vers le littoral après la pacification des côtes. Au XIXe siècle, la commune de Belvédère-Campomoro se structura autour de ce site, mêlant héritage pastoral, agriculture et, plus tard, tourisme.

Les fouilles et documents d’archives, comme les plans de 1779 conservés aux Archives du Génie de Vincennes, révèlent des détails sur son aménagement : trois canons, un four à pain (hors service dès le XVIIIe siècle), et une organisation spatiale conçue pour l’autonomie. La tour illustre l’adaptation des Génois aux menaces maritimes, tout en témoignant des échanges culturels et des conflits qui ont façonné la Corse pré-moderne.

Liens externes