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Tour Marguerite d'Argentan dans l'Orne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Tour

Tour Marguerite d'Argentan

    Rue de la Vicomté
    61200 Argentan
Propriété de la commune
Tour Marguerite dArgentan
Tour Marguerite dArgentan
Crédit photo : Benjism89 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1700
1800
1900
2000
vers 1360
Construction de l'enceinte
XVIIe siècle
Changement de nom
1944
Dommages pendant la bataille de Normandie
1965
Classement monument historique
années 1990
Restauration de la toiture
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tour Marguerite (cad. AH 356) : classement par arrêté du 9 septembre 1965

Personnages clés

Henri Ier Beauclerc - Duc de Normandie et roi d'Angleterre Commanditaire du château-fort d’Argentan au XIIe siècle
Marguerite de Lorraine - Figure historique hypothétique Possible origine du nom *tour Marguerite* au XVIIe siècle
Louis XIII - Roi de France Ordre de destruction partielle des fortifications
Louis XIV - Roi de France Période d’utilisation comme prison pour femmes

Origine et histoire

La tour Marguerite, anciennement appelée tour au Febvre ou Grosse Tour, est la seule survivante des douze tours et trois portes fortifiées de l’enceinte urbaine d’Argentan, édifiée vers 1360. Cette enceinte, détruite sous Louis XIII à la demande des bourgeois locaux, protégeait la ville depuis le XIIe siècle, époque où Henri Ier Beauclerc y avait bâti un puissant château-fort. La tour, située au nord-ouest des remparts, marquait un point stratégique où les fossés étaient à sec. Son architecture typique du XVe siècle inclut des mâchicoulis sur corbeaux et une toiture en poivrière, aujourd’hui restaurée après les dommages subis lors de la bataille de Normandie en 1944.

Au XVIIe siècle, la tour prend le nom de Marguerite, peut-être en référence à Marguerite de Lorraine ou à une prisonnière anonyme. Sous Louis XIV, elle abrite des jeunes femmes accusées de débauche, puis devient un dépôt municipal aux XVIIIe–XIXe siècles et une cellule de dégrisement jusqu’aux années 1930. Classée monument historique en 1965, elle perd sa toiture pendant la Seconde Guerre mondiale, avant d’être restaurée dans les années 1990. Aujourd’hui propriété de la commune, elle accueille des expositions et témoigne du passé défensif et judiciaire d’Argentan.

La tour, haute de 17 mètres pour 10 mètres de diamètre, se compose de trois étages desservis par un escalier en vis. Son parapet en encorbellement, soutenu par des corbeaux à trois ressauts, et sa toiture pyramidale en tuiles (sommée autrefois d’un épi de plomb) illustrent les techniques militaires médiévales. Les fossés environnants, aujourd’hui comblés, correspondent aux actuelles rues de la République, de la Poterie et de l’Hôtel-de-Ville. Ce monument incarne à la fois l’héritage architectural normand et les transformations urbaines d’Argentan, des guerres de Religion à la modernité.

Liens externes