Frise chronologique
vers 1360
Construction de l'enceinte
Construction de l'enceinte
vers 1360 (≈ 1360)
Édification des douze tours dont la tour Marguerite
XVIIe siècle
Changement de nom
Changement de nom
XVIIe siècle (≈ 1750)
Devenue *tour Marguerite*, peut-être liée à Marguerite de Lorraine
1944
Dommages pendant la bataille de Normandie
Dommages pendant la bataille de Normandie
1944 (≈ 1944)
Perte de la toiture lors des combats
1965
Classement monument historique
Classement monument historique
1965 (≈ 1965)
Protection officielle par arrêté ministériel
années 1990
Restauration de la toiture
Restauration de la toiture
années 1990 (≈ 1990)
Reconstruction après les dégâts de 1944
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour Marguerite (cad. AH 356) : classement par arrêté du 9 septembre 1965
Personnages clés
| Henri Ier Beauclerc - Duc de Normandie et roi d'Angleterre |
Commanditaire du château-fort d’Argentan au XIIe siècle |
| Marguerite de Lorraine - Figure historique hypothétique |
Possible origine du nom *tour Marguerite* au XVIIe siècle |
| Louis XIII - Roi de France |
Ordre de destruction partielle des fortifications |
| Louis XIV - Roi de France |
Période d’utilisation comme prison pour femmes |
Origine et histoire
La tour Marguerite, anciennement appelée tour au Febvre ou Grosse Tour, est la seule survivante des douze tours et trois portes fortifiées de l’enceinte urbaine d’Argentan, édifiée vers 1360. Cette enceinte, détruite sous Louis XIII à la demande des bourgeois locaux, protégeait la ville depuis le XIIe siècle, époque où Henri Ier Beauclerc y avait bâti un puissant château-fort. La tour, située au nord-ouest des remparts, marquait un point stratégique où les fossés étaient à sec. Son architecture typique du XVe siècle inclut des mâchicoulis sur corbeaux et une toiture en poivrière, aujourd’hui restaurée après les dommages subis lors de la bataille de Normandie en 1944.
Au XVIIe siècle, la tour prend le nom de Marguerite, peut-être en référence à Marguerite de Lorraine ou à une prisonnière anonyme. Sous Louis XIV, elle abrite des jeunes femmes accusées de débauche, puis devient un dépôt municipal aux XVIIIe–XIXe siècles et une cellule de dégrisement jusqu’aux années 1930. Classée monument historique en 1965, elle perd sa toiture pendant la Seconde Guerre mondiale, avant d’être restaurée dans les années 1990. Aujourd’hui propriété de la commune, elle accueille des expositions et témoigne du passé défensif et judiciaire d’Argentan.
La tour, haute de 17 mètres pour 10 mètres de diamètre, se compose de trois étages desservis par un escalier en vis. Son parapet en encorbellement, soutenu par des corbeaux à trois ressauts, et sa toiture pyramidale en tuiles (sommée autrefois d’un épi de plomb) illustrent les techniques militaires médiévales. Les fossés environnants, aujourd’hui comblés, correspondent aux actuelles rues de la République, de la Poterie et de l’Hôtel-de-Ville. Ce monument incarne à la fois l’héritage architectural normand et les transformations urbaines d’Argentan, des guerres de Religion à la modernité.