Frise chronologique
1689
Proposition de Vauban
Proposition de Vauban
1689 (≈ 1689)
Batterie de trois canons proposée par Vauban.
8 avril 1761
Débarquement anglais repoussé
Débarquement anglais repoussé
8 avril 1761 (≈ 1761)
Tentative anglaise avortée à Port-Andro.
1811
Projet de tour-modèle
Projet de tour-modèle
1811 (≈ 1811)
Première mention d’une tour-modèle envisagée.
1841
Rapport de la Commission mixte
Rapport de la Commission mixte
1841 (≈ 1841)
Renforcement par une tour-modèle décidé.
1860-1861
Construction de la tour
Construction de la tour
1860-1861 (≈ 1861)
Édification de la tour-modèle n°2.
1874
Désaffectation militaire
Désaffectation militaire
1874 (≈ 1874)
Poste supprimé par la commission de défense.
1890-1891
Vente aux Domaines
Vente aux Domaines
1890-1891 (≈ 1891)
Tour vendue comme bien privé.
1939-1945
Occupation allemande
Occupation allemande
1939-1945 (≈ 1942)
Réutilisation par les Allemands en WWII.
30 octobre 2000
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
30 octobre 2000 (≈ 2000)
Inscription de la tour-modèle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour-modèle (cad. ZN 67) : inscription par arrêté du 30 octobre 2000
Personnages clés
| Vauban - Ingénieur militaire |
Proposa une batterie en 1689. |
| Général Noizet - Officier du génie |
Préconisa l’emplacement de la tour en 1848. |
Origine et histoire
La tour-modèle de Port-Andro, située à Locmaria en Bretagne, fait partie d’un ensemble fortifié conçu pour défendre l’anse contre les débarquements ennemis. Elle appartient au type « tour-modèle 1846 n°2 », un ouvrage à deux étages avec terrasse, construit entre 1860 et 1861 pour abriter 40 hommes et deux obusiers de 12 cm. Ce modèle standardisé répondait aux besoins de la Commission mixte d'armement des côtes (1841), qui privilégia ce type de structure plutôt que la batterie existante, jugée obsolète.
Le site de Port-Andro possède une longue histoire militaire, remontant au moins au XVIIe siècle. Dès 1689, Vauban proposa d’y installer une batterie de trois canons pour sécuriser l’anse, attestée en 1705. Le lieu fut renforcé après 1759 par une digue, puis devint un point stratégique lors des guerres de la Révolution et de l’Empire. En 1803, son armement comptait deux canons de 24 livres, un de 12, et un mortier. La tour actuelle, édifiée sur l’emplacement de l’ancienne batterie, fut cependant désaffectée en 1874 et vendue comme bien privé en 1891.
Port-Andro fut également le théâtre d’un débarquement avorté des Anglais en 1761, repoussé par les défenses locales. Les retranchements, entretenus jusqu’aux années 1860, perdurèrent comme poste de garde-côtes avant d’être abandonnés. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands réutilisèrent la batterie et ses abords pour y installer des positions de combat, marquant une dernière phase militaire du site. Aujourd’hui, la tour, classée Monument Historique en 2000, est une propriété privée transformée en habitation.
L’évolution du site illustre les adaptations successives des fortifications côtières françaises, depuis les recommandations de Vauban jusqu’aux modèles standardisés du XIXe siècle. La tour-modèle de 1846, conçue pour résister aux tirs modernes, symbolise cette transition vers une défense centralisée et technicisée, avant son déclin face aux changements stratégiques de la fin du siècle.