Frise chronologique
XIIIe siècle (dernier tiers)
Construction de la tour
Construction de la tour
XIIIe siècle (dernier tiers) (≈ 1350)
Baies géminées et archères datées
1450
Seigneurie d’Arnaud de Jas
Seigneurie d’Arnaud de Jas
1450 (≈ 1450)
Premier occupant attesté après guerre
XVe siècle
Premières mentions écrites
Premières mentions écrites
XVe siècle (≈ 1550)
Occupation par les de Jas
1589
Mariage de Marie de Jas
Mariage de Marie de Jas
1589 (≈ 1589)
Union avec Jean III du Rieu
Début XVIIe siècle
Seigneurie de Pierre du Rieu
Seigneurie de Pierre du Rieu
Début XVIIe siècle (≈ 1704)
Gentilhomme du roi en 1622
29 octobre 2013
Classement monument historique
Classement monument historique
29 octobre 2013 (≈ 2013)
Inscription officielle de la tour
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La tour-moulin, avec la parcelle qui la porte et le fossé en eau qui l'entoure (cad. B 358) : inscription par arrêté du 29 octobre 2013
Personnages clés
| Pierre Duèze - Vicomte de Carmaing, frère de Jean XXII |
Hypothèse de fondateur via Jeanne Frésapa |
| Arnaud de Jas - Seigneur de Ségadènes en 1450 |
Famille de forgerons pyrénéens |
| Marie de Jas - Héritière de Ségadènes (XVIe siècle) |
Épouse Jean III du Rieu en 1589 |
| Pierre du Rieu - Seigneur de Ségadènes (début XVIIe) |
Gentilhomme de la chambre du roi |
| Jean XXII - Pape (1316–1334) |
Lien supposé via son frère Pierre |
Origine et histoire
La tour-moulin de Ségadènes est un édifice médiéval du XIIIe siècle, situé à Soturac (Lot, Occitanie), sur les bords de la Thèze. Ce monument, inscrit aux monuments historiques en 2013, se présente comme une imposante maison-tour carrée (12,70 x 13,20 m), aux murs épais de plus d’un mètre. Elle combine les fonctions de repaire noble et de moulin, comme en témoignent ses archères et ses baies géminées sculptées de la fin du XIIIe siècle. La tour, dotée d’un escalier en charpente et d’une voûte à croisée d’ogives ornée de mufles grimaçants, illustre l’architecture défensive et seigneuriale de l’époque.
Les premiers documents mentionnant le site datent du XVe siècle, bien que sa construction remonte au siècle précédent. Une hypothèse lie sa fondation à Pierre Duèze, frère du pape Jean XXII, en raison du nom Frésapa porté par un moulin voisin – un toponyme associé à Jeanne Frésapa, épouse de Pierre Duèze. Les premiers occupants attestés sont les de Jas (ou d’Ajas), une famille de forgerons pyrénéens installés après la guerre de Cent Ans. Ils y établirent une mouline à fer (forge), exploitée ensuite par leurs descendants, dont Pierre du Rieu, seigneur de Ségadènes au début du XVIIe siècle et gentilhomme du roi.
La tour, peu remaniée, conserve des éléments médiévaux remarquables : gargouilles sous encorbellement, cheminée monumentale, et lambris d’époque. Les fenêtres géminées à décor naturaliste et les archères cruciformes suggèrent une construction du dernier tiers du XIIIe siècle. Des aménagements postérieurs (XVe–XIXe siècles) ont modifié la distribution interne, notamment l’ajout d’un hourd et d’une toiture en pavillon refaite vers 1910. Le site, entouré d’un fossé en eau, reste un exemple rare dans le Lot de ce type d’architecture hybride, à la fois seigneuriale, défensive et industrielle (moulin et forge).
Au XVIIe siècle, la seigneurie passe aux du Rieu (Durieu), puis aux Briançon de La Montelle au XVIIIe siècle. Marie de Jas, héritière du domaine, épouse en 1589 Jean III du Rieu, dont la descendance conserve Ségadènes jusqu’au moins le XVIIe siècle. Le fief est encore mentionné sur la carte de Cassini (XVIIIe siècle). Aujourd’hui, la tour-moulin, avec sa parcelle et son fossé, est protégée pour son intérêt patrimonial et son état de conservation exceptionnel.
Les sources historiques soulignent son rôle dans l’économie locale (moulin à grain et forge) et son statut de repaire noble, sans vocation militaire marquée. Les études de Gilles Séraphin (Les tours féodales du Quercy, 2006) et Catherine Didon (Châteaux, manoirs et logis : le Lot, 1996) documentent son architecture et son histoire seigneuriale, tandis que les graffiti de la tour de Bonaguil évoquent indirectement son occupation par les de Jas.