Origine et histoire de la Tour-pigeonnier
La Tour-pigeonnier de Labio (ou Tour de Picatal), située au lieu-dit de Labio sur la commune de Gourdon (Lot, Occitanie), est un édifice médiéval en grès datant de la première moitié du XIVe siècle. Sa structure carrée à trois étages, surmontée d’un toit en pavillon, se distingue par des baies géminées et des archères cruciformes, ainsi qu’un bandeau anti-rongeur séparant les niveaux inférieurs de la partie supérieure, initialement conçue pour abriter des pigeons. À l’origine lieu de résidence sur deux niveaux, la tour a également joué un rôle de contrôle de la Marcillande contre le braconnage. Son nom historique, La Ricardie, évoque un lien avec la famille de Ricard (ou de Genouillac), apparentée aux seigneurs de Gourdon et mentionnée dès 1241 pour des sympathies cathares.
L’édifice, inscrit aux Monuments Historiques depuis le 28 février 2012, présente des éléments architecturaux remarquables : une porte couverte d’un arc brisé, des latrines saillantes, et des trous de boulins tapissant la partie supérieure pour les pigeons. Les élévations intérieures conservent des niches, des placards, et des traces d’enduits avec graffiti (écus et cavaliers), suggérant une occupation aristocratique ou bourgeoise. La datation précise, entre fin XIIIe et début XIVe siècle, repose sur la forme des fenêtres (trilobées, réseaux) et des archères. La tour, isolée dans un vallon, était l’une des dizaines de bories périphériques à Gourdon, tenues par des lignages bourgeois proches de la noblesse.
L’histoire documentaire de la tour reste fragmentaire. Le nom Labio (attesté au XVe siècle) renvoie à un tenancier, remplaçant l’ancienne dénomination borie de Lasvals, elle-même succédant à La Ricardie. Ce dernier nom, associé à la famille de Ricard, pourrait indiquer une construction liée à ce lignage, impliqué dans les tensions religieuses du XIIIe siècle (sympathies cathares) avant leur retour à Gourdon sous le pape Jean XXII (originaire de Cahors). Bien que la tour ait pu servir de tour de garde, ses archères ne semblent pas purement défensives, et son usage principal reste résidentiel et agricole (pigeonnier). Aujourd’hui, son état de conservation exceptionnel en fait un témoignage rare de l’architecture médiévale rurale en Quercy.