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Tour Romaine de Strasbourg dans le Bas-Rhin

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain

Tour Romaine de Strasbourg

  • 47, 49 Rue des Grandes Arcades
  • 67000 Strasbourg
Tour Romaine de Strasbourg
Tour Romaine de Strasbourg
Tour Romaine de Strasbourg
Tour Romaine de Strasbourg
Tour Romaine de Strasbourg
Tour Romaine de Strasbourg
Tour Romaine de Strasbourg
Tour Romaine de Strasbourg
Tour Romaine de Strasbourg
Crédit photo : Denis Helfer - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
67000 Strasbourg, 47, 49 Rue des Grandes Arcades

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
400
500
1900
2000
Vers 12 av. J.-C.
Fondation d'Argentoratum
451
Invasion des Huns
1920
Classement des vestiges
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Cavalier 11 : caserne en totalité, traverses, abris et magasin à poudre, caponnière cuirassée ; porte de guerre en totalité ; cavalier 15 : façades de la caserne et de l'atelier d'artillerie, magasin à poudre de guerre ; caponnière, courtine et traverses - abris entre cavaliers 15 et 16 ; cavalier 16 : caserne en totalité, atelier d'artillerie, magasin à poudre de guerre, traverses - abris ; cavalier 17 : traverses - abris, poterne, locaux enterrés, caponnière, corps de garde, atelier d'artillerie, magasin à poudre de guerre, magasin frigorifique et son matériel technique, mur de l'ancien tunnel des voies ferroviaires ; les magasins à matériel d'artillerie (Wagenhaüser) n° 8, 9, 10, 11 et 13 ; pour l'ensemble de secteur, la volumétrie de la fortification, crêtes d'artillerie, places d'armes des casernes ; leurs fossés et talus (cad. 46 01 et 123, rue de Koenigshoffen ; 47 89, chemin des Glacis, fossé des Remparts, 90, chemin des Glacis, 91 et 92, rue Georges-Wodli ; 75 38, rue de la Gare Marchandise ; 86 49 et 50, rue Jacques Kablé) : inscription par arrêté du 2 avril 2009

Personnages clés

Nero Claudius Drusus - Général romain Fonda Argentoratum vers 12 av. J.-C.
Domitien - Empereur romain Transféra la Legio VIII Augusta à Strasbourg.
Robert Forrer - Archéologue (1866-1947) Étudia le camp romain de Strasbourg.

Origine et histoire de la Tour Romaine

La Tour Romaine de Strasbourg correspond à des vestiges archéologiques intégrés dans des caves ou des murs d’immeubles modernes, comme ceux des 47-49 rue des Grandes-Arcades. Ces éléments proviennent du castrum romain d’Argentoratum, fondé vers 12 av. J.-C. sous l’impulsion du général Drusus pour sécuriser la frontière rhénane. Le site, occupé par la Legio VIII Augusta à partir des années 85-90, fut doté de trois enceintes successives : en bois et terre (Ier siècle), en pierre calcaire (IIe siècle), puis en grès rose (IIIe-IVe siècle), cette dernière étant ponctuée de tours semi-circulaires encore partiellement visibles.

Les fouilles du XIXe et XXe siècles ont révélé une enceinte finale de 550 m sur 335 m, délimitée par des fossés et des cours d’eau comme l’Ill. Quatre portes (dont la porta praetoria à l’ouest) structuraient l’accès au camp, tandis que des artères principales comme la via principalis (actuelle rue du Dôme) organisaient l’espace interne. Après le départ des légions vers 450, une population réduite maintint les murailles jusqu’au Haut Moyen Âge, avant que Strasbourg ne devienne un évêché carolingien puis une ville médiévale en expansion.

Les vestiges romains, comme ceux classés en 1920 rue des Grandes-Arcades, illustrent les techniques de construction militaires romaines : fondations en pierres volcaniques, moellons de calcaire chaînés par des briques, et réemploi de stèles funéraires dans la troisième enceinte. Ces éléments, souvent intégrés aux bâtiments ultérieurs, rappellent l’héritage antique de Strasbourg, avant son développement médiéval et moderne sous influence germanique puis française.

L’occupation romaine à Strasbourg s’inscrit dans un réseau de camps légionnaires le long du Rhin (de Vindonissa à Noviomagus), conçu pour contrôler la Germania. La Legio VIII Augusta, transférée depuis Mirebellum (près de Dijon), y stationna jusqu’au Ve siècle, laissant une empreinte durable sur le tracé urbain. Les fossés romains, comme celui du Faux Rempart (actuel quai Turckheim), furent réutilisés ou comblés au Moyen Âge, tandis que des portes comme la porta decumana (quai Lezay-Marnésia) disparurent sous les aménagements ultérieurs.

La transition entre époque romaine et médiévale est marquée par la réutilisation des murailles comme noyau de la future Altstadt (vieille ville). Au Xe siècle, l’évêque Erchambald consolida l’autorité épiscopale sur Strasbourg, tandis que les remparts antiques, partiellement conservés (rue des Grandes-Arcades, place Broglie), servirent de base aux extensions médiévales. Les chroniques de Jacques Twinger (XIVe siècle) attestent encore de leur présence, bien que leur état se soit dégradé avec le temps.

Les vestiges romains, aujourd’hui dispersés, sont protégés depuis le début du XXe siècle pour leur valeur historique. Leur étude archéologique a permis de reconstituer le plan du camp, ses défenses (fossés de 5-6 m de large, tours espacées de 20-40 m), et son organisation interne. Ces découvertes contrastent avec le Strasbourg moderne, où seuls des fragments subsistent, témoignant d’une stratification urbaine millénaire, des légionnaires romains aux fortifications vaubaniennes.

Liens externes

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