Frise chronologique
1369-1382
Construction du donjon
Construction du donjon
1369-1382 (≈ 1376)
Ordonnée par Jean IV de Bretagne.
1588
Prise par les Malouins
Prise par les Malouins
1588 (≈ 1588)
Pour le duc de Mercœur.
1691-1697
Intégration aux défenses
Intégration aux défenses
1691-1697 (≈ 1694)
Par l’ingénieur Garangeau.
1756
Remplacement du pont-levis
Remplacement du pont-levis
1756 (≈ 1756)
Par un pont en pierre.
1886
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1886 (≈ 1886)
Restauration par Albert Ballu.
1970-2019
Musée des cap-horniers
Musée des cap-horniers
1970-2019 (≈ 1995)
Dédié à la navigation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La tour Solidor et les ouvrages avancés (enceintes, ponts et dépendances) (cad. BL 275) : classement par arrêté du 12 juillet 1886
Personnages clés
| Jean IV de Bretagne - Duc de Bretagne |
Commanditaire de la tour. |
| Siméon Garangeau - Ingénieur militaire |
Améliora ses défenses. |
| Albert Ballu - Architecte |
Restaura la tour. |
| Louis XIII - Roi de France |
Ordonna des réparations. |
Origine et histoire
La tour Solidor, édifiée entre 1369 et 1382 sur ordre du duc Jean IV de Bretagne, est un donjon fortifié de 33 mètres situé sur une avancée rocheuse à l’embouchure de la Rance, dans le quartier de Saint-Servan à Saint-Malo. Elle était destinée à contrôler la navigation et à prélever des taxes sur les marchandises, dans un contexte où Saint-Malo se montrait rebelle à l’autorité ducale. Construite sur les vestiges d’une ancienne tour d’Oreigle (ou Tour Aiquin), elle-même érigée sur des fortifications gallo-romaines du IVe siècle, elle symbolisait la reprise en main du duché par les Montfort après la guerre de Succession de Bretagne.
Au fil des siècles, la tour Solidor a joué divers rôles militaires et stratégiques. En 1588, elle fut prise par les Malouins pour le compte du duc de Mercœur, chef de la Ligue de Bretagne, avant d’être réaménagée au XVIIe siècle sous Louis XIII et intégrée aux défenses de Saint-Malo par l’ingénieur Siméon Garangeau. En 1756, son pont-levis fut remplacé par un pont en pierre. Pendant la Révolution et l’Empire, elle servit de prison, accueillant prêtres, religieuses et militaires, comme en témoignent les graffitis encore visibles sur les portes des cellules.
Classée monument historique en 1886, la tour Solidor fut restaurée par l’architecte Albert Ballu, qui lui donna son toit actuel. De 1970 à 2019, elle abritait un musée dédié aux cap-horniers, célébrant la navigation au long cours. Aujourd’hui, elle domine toujours l’estuaire de la Rance, à proximité des vestiges gallo-romains de la cité d’Aleth, visibles à marée basse. Son histoire reflète les évolutions militaires, économiques et culturelles de la Bretagne, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque contemporaine.
La tour a également inspiré de nombreux artistes, dont les peintres Maximilien Luce, Bernard Buffet et André Wilder, qui l’ont représentée à travers différentes époques. Son architecture, mêlant héritage médiéval et modifications ultérieures, en fait un symbole du patrimoine maritime et défensif breton. Les fouilles archéologiques n’ont révélé aucun niveau d’occupation viking, mais confirment son rôle central dans la surveillance de l’estuaire et le contrôle du commerce fluvial.
En 1967, la mise en service du barrage de la Rance mit fin au bac qui reliait Saint-Malo à Dinard depuis la cale Solidor. Aujourd’hui, la tour reste un témoignage majeur de l’histoire bretonne, alliant fonctions militaires, économiques et culturelles à travers les siècles.