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Treize menhirs du groupe dit de la Maisonnette en Lozère

Lozère

Treize menhirs du groupe dit de la Maisonnette

    Route Sans Nom
    48400 aux Bondons
Propriété privée
Crédit photo : Myrabella - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Néolithique
Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
4100 av. J.-C.
4000 av. J.-C.
0
1900
2000
Néolithique
Construction des menhirs
Années 1940
Inventaire par Charles Morel
5 juin 1941
Inscription aux Monuments Historiques
Années 1980-1990
Redressement des menhirs
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Menhirs (treize) du groupe dit de la Maisonnette : inscription par arrêté du 5 juin 1941

Personnages clés

Charles Morel - Médecin et archéologue Auteur du premier inventaire des menhirs.
Gilbert Fages - Archéologue (Antiquités de la Lozère) A complété l’inventaire dans les années 1960-1980.
Jacques Rouire - Spéléologue (BRGM) Explorateur de la grotte de Malaval.

Origine et histoire

Les Treize menhirs du groupe dit de la Maisonnette font partie d’un ensemble mégalithique exceptionnel situé sur la Cham des Bondons, un plateau calcaire du sud-ouest du mont Lozère, en Lozère. Ce site, intégré au parc national des Cévennes, abrite 154 menhirs répartis en plusieurs groupes, constituant la deuxième concentration de monuments mégalithiques d’Europe après Carnac. Les menhirs, taillés dans du granite malgré un sol calcaire local, témoignent d’un transport et d’une installation minutieuse par les populations néolithiques.

Le premier inventaire des menhirs a été réalisé dans les années 1940 par le docteur Charles Morel, qui en recensa environ 120. Dans la seconde moitié du XXe siècle, Gilbert Fages, du service des Antiquités de la Lozère, compléta ces recherches. Beaucoup de menhirs, retrouvés couchés, furent redressés entre 1980 et 1990 grâce à des opérations conjointes entre la DRAC Occitanie et le parc national des Cévennes. Le groupe de la Maisonnette, inscrit aux monuments historiques depuis le 5 juin 1941, se distingue par ses menhirs fusiformes aux sommets souvent ogivaux ou coniques.

Les menhirs de la Cham des Bondons sont généralement fusiformes, avec des arêtes polies et des sommets en ogive ou en cône aplati. Le groupe de la Maisonnette s’étire sur deux lignes de crête parallèles, orientées nord-sud, séparées par un ravin. Parmi les menhirs notables, la Pierre des Trois Paroisses marque la limite entre les communes des Bondons, d’Ispagnac et de Saint-Étienne-du-Valdonnez. Ce monolithe, longtemps couché, a été redressé et mesure aujourd’hui moins de 3 mètres, bien qu’il ait dû dépasser 5 mètres à l’origine.

Deux carrières d’extraction de granite, identifiées près des lieux-dits Fontpadelle et Pranleri, confirment l’origine lointaine des matériaux. La carrière de Fontpadelle révèle encore des dalles prêtes à être transportées, ainsi qu’un bloc dont un fragment a servi à ériger une stèle en hommage aux sœurs Dupeyron, institutrices mortes en 1941. Les menhirs, souvent associés à des tumuli ou dolmens voisins, illustrent l’importance funéraire et symbolique de ce site durant le Néolithique.

Le plateau de la Cham des Bondons, en plus de son patrimoine mégalithique, présente des particularités géologiques comme les puechs (buttes-témoins jurassiques) et la grotte de Malaval, explorée à partir des années 1950. Cette grotte, connue pour ses concrétions d’aragonite, ajoute une dimension spéléologique au site. L’ensemble, protégé et étudié, offre un témoignage rare des pratiques et croyances des sociétés néolithiques dans les Cévennes.

Liens externes