Construction initiale fin XVe siècle (≈ 1595)
Résidence des Érard de Ray, noblesse normande.
1636-1666
Siège de l'Intendance
Siège de l'Intendance 1636-1666 (≈ 1651)
Généralité d'Alençon sous l'Ancien Régime.
1710
Installation juridiction consulaire
Installation juridiction consulaire 1710 (≈ 1710)
Édit royal transformant l'usage du bâtiment.
1790
Devenir tribunal de commerce
Devenir tribunal de commerce 1790 (≈ 1790)
Réorganisation post-Révolution française.
12 février 1913
Premier classement MH
Premier classement MH 12 février 1913 (≈ 1913)
Greffe, porche, salles d'audience protégés.
28 juin 1958
Classement tour carrée
Classement tour carrée 28 juin 1958 (≈ 1958)
Protection complémentaire du XVe siècle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Rez-de-chaussée : greffe et porche ; premier étage : salle des pas-perdus et grande salle d'audience : classement par arrêté du 12 février 1913 ; Tour carrée du XVe siècle (cad. D 219) : classement par arrêté du 28 juin 1958
Personnages clés
Famille Érard de Ray - Propriétaires initiaux
Noblesse normande, commanditaires du XVe siècle.
Honoré de Balzac - Écrivain inspiré
A décrit le lieu dans *Le Cabinet des Antiques*.
Origine et histoire du Tribunal de commerce
Le tribunal de commerce d’Alençon est un édifice classé Monument historique, situé 6 rue du Bercail à Alençon, dans le département de l’Orne. Construit à la fin du XVe siècle, il était initialement la résidence de la famille Érard de Ray, une lignée de la noblesse normande. Ce bâtiment, connu sous le nom d’hôtel Érard de Ray, illustre l’architecture civile de l’époque, avec ses deux étages, ses ailes en saillie et sa tour carrée portée sur encorbellement. Une tourelle octogonale coiffée d’un toit pyramidal, ainsi qu’une façade ornée de frontons triangulaires, témoignent de son prestige d’origine.
Au XVIIe siècle, le bâtiment fut remanié et abritera de 1636 à 1666 le siège de l’Intendance de la Généralité d’Alençon, marquant son rôle administratif sous l’Ancien Régime. En 1710, un édit royal y installe la juridiction consulaire de la ville, qui deviendra en 1790 le tribunal de commerce. Ce changement de fonction reflète les transformations institutionnelles liées à la Révolution française. À l’intérieur, la grande salle d’audience, aménagée en style Louis XV, et le grenier avec sa charpente ogivale du XVe siècle, sont des éléments remarquables classés aux Monuments historiques.
L’écrivain Honoré de Balzac, lors de ses séjours à Alençon en 1825 et 1828, s’inspira de ce lieu pour décrire l’hôtel de la famille d’Esgrignon dans son roman Le Cabinet des Antiques (1838). Ce lien littéraire ajoute une dimension culturelle au monument. Les protections successives (1913 pour le greffe, la salle des pas-perdus et la salle d’audience ; 1958 pour la tour carrée) soulignent sa valeur patrimoniale, mêlant histoire architecturale, administrative et artistique.
Aujourd’hui, le bâtiment conserve des traces de ses multiples vies : résidence aristocratique, siège de l’Intendance, puis tribunal. Ses boiseries sculptées, sa charpente médiévale et ses façades à frontons en font un témoignage rare de l’évolution des usages d’un hôtel particulier en Normandie, du Moyen Âge à l’époque contemporaine.