Frise chronologique
Néolithique
Érection des menhirs
Érection des menhirs
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période de construction des monuments mégalithiques.
Années 1940
Inventaire de Charles Morel
Inventaire de Charles Morel
Années 1940 (≈ 1940)
Premier recensement systématique (120 menhirs).
5 juin 1941
Classement aux Monuments Historiques
Classement aux Monuments Historiques
5 juin 1941 (≈ 1941)
Protection des menhirs de Treimes et autres groupes.
Années 1950
Exploration de la grotte de Malaval
Exploration de la grotte de Malaval
Années 1950 (≈ 1950)
Découverte des concrétions d’aragonite par le BRGM.
Années 1980-1990
Redressement des menhirs
Redressement des menhirs
Années 1980-1990 (≈ 1985)
Opérations DRAC et Parc des Cévennes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Menhirs (trois) de la colline de Treimes, dont deux dans un terrain dit Champ de la Faze : inscription par arrêté du 5 juin 1941
Personnages clés
| Charles Morel - Médecin et archéologue |
Auteur du premier inventaire (années 1940). |
| Gilbert Fages - Archéologue (Service des Antiquités de Lozère) |
Complète l’inventaire et découvre de nouveaux menhirs. |
| Jacques Rouire - Spéléologue (BRGM) |
Dirige l’exploration de la grotte de Malaval. |
Origine et histoire
Les Trois Menhirs de la colline de Treimes font partie d’un ensemble mégalithique exceptionnel sur le plateau calcaire de la Cham des Bondons, en Lozère. Ce site, inclus dans le parc national des Cévennes, abrite 154 menhirs, constituant la deuxième plus grande concentration d’Europe après Carnac. Les menhirs, taillés dans du granite malgré un sol calcaire local, témoignent d’un transport complexe depuis des carrières situées à plusieurs kilomètres, comme celle de Fontpadelle, où des dalles prêtes à l’emploi sont encore visibles. Leur forme fusiforme, aux arêtes polies et sommets ogivaux, est caractéristique de la région.
Le premier inventaire des menhirs a été réalisé dans les années 1940 par le docteur Charles Morel, qui en recensa environ 120. Dans la seconde moitié du XXe siècle, Gilbert Fages, du service des Antiquités de la Lozère, compléta ce travail en découvrant de nombreux menhirs couchés, relevés ultérieurement lors d’opérations conjointes entre la DRAC Occitanie et le parc national des Cévennes. Les menhirs sont répartis en plusieurs groupes, dont certains, comme celui de la colline de Treimes, comptent des monolithes inscrits aux monuments historiques depuis 1941. Leur disposition suit souvent des lignes de crête parallèles, avec des alignements remarquables comme ceux des menhirs de Chabusse.
Le plateau de la Cham des Bondons présente aussi un intérêt géologique, avec des formations comme les puechs (buttes-témoins jurassiques) et la grotte de Malaval, explorée à partir des années 1950 pour ses concrétions d’aragonite. Les menhirs, souvent associés à des tumuli ou dolmens, reflètent une occupation humaine ancienne, liée à des pratiques funéraires et symboliques. Leur redressement aux XXe et XXIe siècles a permis de préserver ce patrimoine, tout en révélant des traces d’extraction et de débitage, comme les rainures visibles sur la Pierre des Trois Paroisses, un menhir frontalier entre trois communes.
Parmi les groupes notables, celui de la Veissière compte les plus grands menhirs de la Cham (plus de 5 mètres), tandis que le groupe de Colobrières abrite un monolithe de 4,10 mètres et 7 tonnes. Les menhirs, parfois anthropomorphes ou brisés, ont été protégés par des arrêtés de 1941, soulignant leur valeur archéologique. Leur étude révèle des techniques de taille et de transport sophistiquées pour l’époque, ainsi qu’une organisation spatiale délibérée, peut-être liée à des rituels ou à des marquages territoriaux.
La légende locale attribue la formation des puechs à Gargantua, géants mythique ayant « fertilisé » le sol avec la boue de ses sabots. Cette dimension folklorique s’ajoute à l’importance scientifique du site, où se croisent géologie, préhistoire et patrimoine culturel. Les menhirs de Treimes, bien que moins connus que ceux de Carnac, illustrent la richesse mégalithique des Cévennes et leur intégration dans un paysage façonné par l’homme depuis le Néolithique.