Frise chronologique
-120
Conquête romaine achevée
Conquête romaine achevée
-120 (≈ 120 av. J.-C.)
Création de la province de Gaule narbonnaise.
-118
Construction de la Via Domitia
Construction de la Via Domitia
-118 (≈ 118 av. J.-C.)
Première route romaine en Gaule, initiée par Cneus Domitius Ahenobarbus.
1987
Protection du tronçon
Protection du tronçon
1987 (≈ 1987)
Inscription aux monuments historiques (arrêté du 5 février).
2022
Fouilles à Loupian
Fouilles à Loupian
2022 (≈ 2022)
Découverte d’un tronçon bien préservé.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Via Domitia (tronçon) (cad. BD ; BC ; AS ; AT) : inscription par arrêté du 5 février 1987
Personnages clés
| Cneus Domitius Ahenobarbus - Proconsul romain |
Initiateur de la Via Domitia en -118. |
| Tibère - Empereur romain |
Mentionné sur la borne IX (*Peire di Novi*). |
| Auguste - Empereur romain |
Développa Narbonne et le réseau routier. |
Origine et histoire
La Via Domitia, construite à partir de 118 av. J.-C. sous l’impulsion du proconsul Cneus Domitius Ahenobarbus, était la première route romaine en Gaule. Son objectif : relier l’Italie à la péninsule Ibérique via la Gaule narbonnaise, facilitant les déplacements militaires, commerciaux et administratifs. La voie traversait des villes clés comme Narbonne (Narbo Martius), fondée en -118 comme colonie romaine, et Nîmes (Nemausus), où subsistent des vestiges comme la porte d’Auguste.
Le tronçon de Jonquières-Saint-Vincent, partagé avec les communes de Redessan, Beaucaire (Gard) et Castelnau-le-Lez (Hérault), suit un tracé encore visible par endroits. La voie était ponctuée de bornes milliaires, dont certaines portent des inscriptions impériales (ex. : borne IX dite Peire di Novi, dédiée à Tibère). Ces marques kilométriques servaient aux voyageurs, légions et marchands, dans un réseau connecté à d’autres voies comme la Via Agrippa ou la Via Julia Augusta.
La construction reposait sur des techniques romaines : couches stratifiées de gravier et cailloutis, pavage en ville, et tracé rectiligne hors agglomérations. Après la chute de Rome, certains tronçons furent réutilisés au Moyen Âge sous le nom de Strata francesa. Le pont Ambroix (sur le Vidourle) ou l’oppidum d’Ambrussum (avec un tronçon pavé) comptent parmi les vestiges protégés au titre des monuments historiques depuis les années 1980.
La Via Domitia symbolise aussi l’intégration économique de la région : elle dynamisa les échanges entre cités (céramiques, vins, amphores) et structura le territoire, comme en témoignent les ports fluviaux (ex. : franchissement du Rhône entre Tarascon et Beaucaire). Son héritage perdure dans la toponymie (collèges, universités) et les routes modernes (A9, N100), héritières de son tracé.
En Occitanie, la voie traversait des paysages variés, des Alpes (col de Montgenèvre) aux plaines languedociennes, en passant par des sites stratégiques comme Glanum (Saint-Rémy-de-Provence) ou Salses, où un castrum contrôlait les flux. Les fouilles archéologiques (ex. : tronçon exhumé à Loupian en 2022) continuent d’enrichir les connaissances sur son usage et son évolution.