Frise chronologique
1860
Fondation de la tuilerie
Fondation de la tuilerie
1860 (≈ 1860)
Création par Jean-Marie Perrusson à Écuisses.
1869
Construction du corps de logis
Construction du corps de logis
1869 (≈ 1869)
Début de l’édification de la villa.
1890-1900
Extension de la villa
Extension de la villa
1890-1900 (≈ 1895)
Ajout de l’aile nord par Tony Ferret.
1896-1904
Direction artistique de Ruffier
Direction artistique de Ruffier
1896-1904 (≈ 1900)
Noël Ruffier dirige les travaux d’art.
1960
Fermeture de la tuilerie
Fermeture de la tuilerie
1960 (≈ 1960)
Fin de l’activité industrielle sur le site.
2001
Inscription monument historique
Inscription monument historique
2001 (≈ 2001)
Protection de la villa et de l’orangerie.
2008
Acquisition par la communauté urbaine
Acquisition par la communauté urbaine
2008 (≈ 2008)
Intégration à l’Écomusée du Creusot-Montceau.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La villa Perrusson en totalité, y compris l'orangerie (cad. AC 114 à 118) : inscription par arrêté du 12 janvier 2001 - Les bâtiments dépendant de la villa et de l'ancienne usine Perrusson : le poulailler, les écuries, la serre, les éléments de l'ancien usine, ainsi que le mur de clôture et la totalité de l'assiette foncière concernée (cad. AC 98 à 102, 113 à 119) : inscription par arrêté du 7 juin 2007
Personnages clés
| Jean-Marie Perrusson - Fondateur de la tuilerie |
Créa l’entreprise en 1860 à Écuisses. |
| Tony Ferret - Architecte de la villa |
Conçut l’extension nord (1890-1900). |
| Noël Ruffier - Sculpteur et directeur artistique |
Dirigea les travaux d’art (1896-1904). |
| Jean-Baptiste Perrusson - Dirigeant de l’entreprise |
Fils du fondateur, codirigea la tuilerie. |
| Marius Desfontaines - Gendre et associé |
Participe à la direction dès 1880. |
Origine et histoire
La tuilerie Perrusson, établie en 1860 à Écuisses par Jean-Marie Perrusson, se spécialisa dans la production de briques, carreaux, et ornements en céramique. L’entreprise, active jusqu’en 1960, employa jusqu’à 300 ouvriers en 1900 et s’inscrivit dans le paysage industriel de la « vallée de la Céramique », organisée autour du canal du Centre. La villa Perrusson, construite entre 1869 et 1900, servait de résidence patronale et de vitrine des productions de l’usine, avec des façades et intérieurs richement ornés de céramiques et motifs Art nouveau.
La villa, édifiée en deux phases (1869 pour le corps de logis, 1890-1900 pour l’aile nord par l’architecte Tony Ferret), fut conçue comme un catalogue architectural des modèles commercialisés. Entre 1896 et 1904, le sculpteur Noël Ruffier dirigea le service des travaux d’art, contribuant à l’esthétique des ornements. La direction de l’entreprise passa successivement entre les mains des Perrusson et des Desfontaines, familles liées par alliance, jusqu’à sa fermeture en 1960, marquée par la liquidation en 1959.
Après la disparition des bâtiments industriels, remplacés par une entreprise de récupération de métaux, la villa et ses dépendances (orangerie, écuries, cité ouvrière) furent préservées. La villa, inscrite aux monuments historiques en 2001 (étendue en 2007), fut acquise par la communauté urbaine Creusot Montceau en 2008. Depuis, des campagnes de restauration ont permis sa réouverture au public, intégrée à l’Écomusée du Creusot-Montceau, avec des expositions contemporaines dans son parc depuis 2016.
La cité ouvrière d’Écuisses, construite entre 1885 et 1900 près du canal du Centre, comprenait 28 logements, une épicerie-boulangerie, et des espaces commerciaux, reflétant le paternalisme industriel de l’époque. La famille Perrusson étendit son activité à d’autres sites, comme Saint-Léger-sur-Dheune (1866-1956), Sancoins (Cher, à partir de 1871), et Fontafie (Charente, 1878-1988). Les archives de l’entreprise, numérisées par l’Écomusée, offrent un témoignage précieux de cette dynamique industrielle.
Aujourd’hui, la villa Perrusson et ses jardins, restaurés, accueillent des visites guidées et des événements culturels. Les intérieurs, partiellement réhabilités en 2022, révèlent des carreaux de céramique, cheminées en Art nouveau, et tuiles polychromes, tandis que le mur de clôture en tuiles « loupées » rappelle l’histoire productive du site. L’ensemble illustre l’héritage des industries céramiques bourguignonnes et leur intégration dans le patrimoine local.