Frise chronologique
Âge du bronze
Construction du tumulus
Construction du tumulus
Âge du bronze (≈ 1500 av. J.-C.)
Période d'édification principale du monument.
Années 1870
Premières explorations par Lukis
Premières explorations par Lukis
Années 1870 (≈ 1870)
Fouilles sans rapport conservé.
1900
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1900 (≈ 1900)
Protection officielle du site.
1922
Fouilles par Le Rouzic et Péquart
Fouilles par Le Rouzic et Péquart
1922 (≈ 1922)
Découverte des structures internes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le tumulus (cad. E 607) : classement par liste de 1900
Personnages clés
| W. C. Lukis - Archéologue explorateur |
Premières fouilles dans les années 1870. |
| Zacharie Le Rouzic - Archéologue et fouilleur |
Dirige les fouilles de 1922. |
| Saint-Just Péquart - Archéologue collaborateur |
Participe aux fouilles de 1922. |
| Marthe Péquart - Archéologue collaboratrice |
Participe aux fouilles de 1922. |
Origine et histoire
Le tumulus de Crucuny, également nommé Er Mané, est un monument mégalithique situé à Carnac, dans le Morbihan. Daté de l’Âge du bronze, il se distingue par ses dimensions imposantes (35 m de longueur, 23 m de largeur et 13 m de hauteur) et son orientation nord-nord-est/sud-sud-ouest. Un menhir de 2,80 m, gravé d’une hache, couronne son sommet côté est. Ce site illustre les pratiques funéraires et architecturales de l’époque, avec des structures variées comme des cairns, des chambres mégalithiques et des coffres en pierre.
Le tumulus a été exploré pour la première fois dans les années 1870 par W. C. Lukis, bien qu’aucun rapport de fouilles ne soit parvenu jusqu’à nous. En 1922, Zacharie Le Rouzic et les époux Péquart ont mené des fouilles approfondies, révélant deux ensembles distincts : un cairn et une chambre mégalithique au nord-est, édifiés sur un affleurement rocheux, et un second cairn central contenant des coffres de formes variées (triangulaire, rectangulaire, circulaire). Les différences de construction entre ces parties suggèrent deux phases de construction distinctes, la partie nord-est étant probablement la plus ancienne.
Les fouilles ont mis au jour un mobilier archéologique diversifié, incluant des éclats de silex, des fragments de meule, de hache et de poterie datés du Néolithique, ainsi que des vestiges gallo-romains (objets en fer, cuivre, poteries). Ces derniers indiquent des remaniements du site à une époque ultérieure. Une fosse a également livré des restes osseux attribués à au moins trois individus, confirmant la vocation funéraire du tumulus. Le site est classé au titre des monuments historiques depuis 1900, soulignant son importance patrimoniale.
La structure du tumulus révèle une organisation complexe : au nord-est, les blocs de pierre sont réguliers et bien agencés, tandis que les constructions centrales et sud-est apparaissent plus grossières, avec des blocs irréguliers. Cette disparité pourrait refléter une évolution des techniques ou des pratiques culturelles entre les deux périodes de construction. Le menhir sommital, avec sa gravure de hache, ajoute une dimension symbolique au monument, peut-être liée à des rituels ou à des marqueurs territoriaux.
Les découvertes archéologiques, notamment les traces de terre brûlée et de charbons de bois autour du monument, suggèrent des pratiques rituelles impliquant le feu. Les coffres funéraires, dont l’un est compartimenté en huit niches recouvertes de pierres plates en encorbellement, témoignent d’une architecture sophistiquée destinée à abriter les défunts. L’appendice reliant le cairn central à un coffre circulaire renforce l’idée d’une planification spatiale réfléchie, peut-être liée à des croyances ou à une hiérarchie sociale.