Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Tumulus de Tumiac à Arzon dans le Morbihan

Patrimoine classé Patrimoine Celtique Tumulus

Tumulus de Tumiac à Arzon

  • Thumiac Lotissement Jules César
  • 56640 Arzon
Tumulus de Tumiac à Arzon
Tumulus de Tumiac à Arzon
Tumulus de Tumiac à Arzon
Tumulus de Tumiac à Arzon
Tumulus de Tumiac à Arzon
Tumulus de Tumiac à Arzon
Tumulus de Tumiac à Arzon
Tumulus de Tumiac à Arzon
Tumulus de Tumiac à Arzon
Tumulus de Tumiac à Arzon
Tumulus de Tumiac à Arzon
Crédit photo : Stéphane Batigne - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune ; propriété privée
56640 Arzon, Thumiac Lotissement Jules César

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
1800
1900
2000
56 av. J.-C.
Guerre contre les Vénètes
1825
Première mention archéologique
juillet 1853
Découverte de la chambre funéraire
12 mars 1923
Classement monument historique
1934
Fouilles de Zacharie Le Rouzic
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Butte de Thumiac ou de César (cad. E 51 à 54) : classement par arrêté du 12 mars 1923

Personnages clés

Jules César - Général romain Associé par la tradition locale
Louis Galles - Archéologue (Société polymathique) Dirigea la fouille de 1853
Alfred Fouquet - Médecin et archéologue Collabora à l’exploration de 1853
Zacharie Le Rouzic - Archéologue morbihannais Fouilles et consolidation en 1934

Origine et histoire du Tumulus de Tumiac

Le tumulus de Tumiac, situé dans la presqu’île de Rhuys à Arzon (Morbihan), est un édifice mégalithique de type « carnacéen », comparable aux tumulus de Carnac ou de Locmariaquer. De forme conique (55 m de diamètre, 15 m de haut), il est entièrement artificiel, constitué d’un cairn dolménique recouvert d’une épaisse couche de vase, elle-même surmontée de terre et de pierres. Son volume est estimé à 16 000 m3. Le monument abrite un dolmen légèrement excentré, accessible par un couloir orienté est-sud-est, et une chambre funéraire délimitée par trois orthostates gravés (traits, cercles), recouverts d’une dalle de quartz. Un second coffre maçonné, découvert en 1934, suggère la présence d’autres structures périphériques non explorées.

Le site, connu sous le nom de butte de César en raison d’une tradition locale l’associant à Jules César lors de la guerre contre les Vénètes (56 av. J.-C.), est mentionné dès le XIXe siècle dans les ouvrages d’archéologie (Mahé en 1825, Cayot-Delambre en 1847). En 1853, une tranchée creusée dans son flanc sud révèle une « grotte », incitant la Société polymathique du Morbihan à organiser une fouille dirigée par Louis Galles et Alfred Fouquet. Le cratère visible au sommet date de cette exploration, où fut découvert un mobilier funéraire intact : 32 haches en pierres polies, 3 colliers en callaïs (237 perles), des éclats de poterie et une corne de bovin retravaillée, aujourd’hui conservés au musée de Vannes.

Classé monument historique en 1923, le tumulus fait l’objet en 1934 de nouvelles fouilles menées par Zacharie Le Rouzic, préalables à la construction d’une galerie d’accès (aujourd’hui condamnée pour raisons de sécurité). Ces travaux révèlent un second coffre en maçonnerie sèche, adjacent à la chambre principale, et confirment l’absence de pillage antérieur. Le Rouzic note cependant la disparition du dallage de la chambre, signalé par Galles en 1853. L’accès au monument est désormais interdit en raison de son instabilité structurelle, préservant ainsi un témoignage majeur de l’architecture funéraire néolithique en Bretagne.

Le tumulus de Tumiac illustre les pratiques sépulcrales des sociétés néolithiques, marquées par la construction de monuments collectifs et le dépôt d’objets symboliques (parures, outils). Son mobilier, exceptionnellement bien conservé, offre un éclairage sur les échanges commerciaux (callaïs de la région nantaise, haches en pierres rares) et les rituels funéraires de l’époque. La tradition associant le site à Jules César, bien que postérieure de plusieurs millénaires, témoigne de son importance topographique et mémorielle dans le paysage local.

Propriété partagée entre la commune d’Arzon et des particuliers, le tumulus reste un sujet d’étude pour les archéologues, son cairn pouvant abriter d’autres structures non encore identifiées. Son classement en 1923 et sa protection actuelle soulignent sa valeur patrimoniale, à la fois scientifique, historique et paysagère, dans un territoire riche en vestiges mégalithiques comme le Morbihan.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours