Frise chronologique
56 av. J.-C.
Guerre contre les Vénètes
Guerre contre les Vénètes
56 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Tradition locale associant le site à Jules César
1825
Première mention archéologique
Première mention archéologique
1825 (≈ 1825)
Ouvrage de Mahé sur les monuments morbihannais
juillet 1853
Découverte de la chambre funéraire
Découverte de la chambre funéraire
juillet 1853 (≈ 1853)
Fouille par Galles et Fouquet (Société polymathique)
12 mars 1923
Classement monument historique
Classement monument historique
12 mars 1923 (≈ 1923)
Protection officielle du tumulus et de la butte
1934
Fouilles de Zacharie Le Rouzic
Fouilles de Zacharie Le Rouzic
1934 (≈ 1934)
Découverte du second coffre et consolidation
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Butte de Thumiac ou de César (cad. E 51 à 54) : classement par arrêté du 12 mars 1923
Personnages clés
| Jules César - Général romain |
Associé par la tradition locale |
| Louis Galles - Archéologue (Société polymathique) |
Dirigea la fouille de 1853 |
| Alfred Fouquet - Médecin et archéologue |
Collabora à l’exploration de 1853 |
| Zacharie Le Rouzic - Archéologue morbihannais |
Fouilles et consolidation en 1934 |
Origine et histoire
Le tumulus de Tumiac, situé dans la presqu’île de Rhuys à Arzon (Morbihan), est un édifice mégalithique de type « carnacéen », comparable aux tumulus de Carnac ou de Locmariaquer. De forme conique (55 m de diamètre, 15 m de haut), il est entièrement artificiel, constitué d’un cairn dolménique recouvert d’une épaisse couche de vase, elle-même surmontée de terre et de pierres. Son volume est estimé à 16 000 m3. Le monument abrite un dolmen légèrement excentré, accessible par un couloir orienté est-sud-est, et une chambre funéraire délimitée par trois orthostates gravés (traits, cercles), recouverts d’une dalle de quartz. Un second coffre maçonné, découvert en 1934, suggère la présence d’autres structures périphériques non explorées.
Le site, connu sous le nom de butte de César en raison d’une tradition locale l’associant à Jules César lors de la guerre contre les Vénètes (56 av. J.-C.), est mentionné dès le XIXe siècle dans les ouvrages d’archéologie (Mahé en 1825, Cayot-Delambre en 1847). En 1853, une tranchée creusée dans son flanc sud révèle une « grotte », incitant la Société polymathique du Morbihan à organiser une fouille dirigée par Louis Galles et Alfred Fouquet. Le cratère visible au sommet date de cette exploration, où fut découvert un mobilier funéraire intact : 32 haches en pierres polies, 3 colliers en callaïs (237 perles), des éclats de poterie et une corne de bovin retravaillée, aujourd’hui conservés au musée de Vannes.
Classé monument historique en 1923, le tumulus fait l’objet en 1934 de nouvelles fouilles menées par Zacharie Le Rouzic, préalables à la construction d’une galerie d’accès (aujourd’hui condamnée pour raisons de sécurité). Ces travaux révèlent un second coffre en maçonnerie sèche, adjacent à la chambre principale, et confirment l’absence de pillage antérieur. Le Rouzic note cependant la disparition du dallage de la chambre, signalé par Galles en 1853. L’accès au monument est désormais interdit en raison de son instabilité structurelle, préservant ainsi un témoignage majeur de l’architecture funéraire néolithique en Bretagne.
Le tumulus de Tumiac illustre les pratiques sépulcrales des sociétés néolithiques, marquées par la construction de monuments collectifs et le dépôt d’objets symboliques (parures, outils). Son mobilier, exceptionnellement bien conservé, offre un éclairage sur les échanges commerciaux (callaïs de la région nantaise, haches en pierres rares) et les rituels funéraires de l’époque. La tradition associant le site à Jules César, bien que postérieure de plusieurs millénaires, témoigne de son importance topographique et mémorielle dans le paysage local.
Propriété partagée entre la commune d’Arzon et des particuliers, le tumulus reste un sujet d’étude pour les archéologues, son cairn pouvant abriter d’autres structures non encore identifiées. Son classement en 1923 et sa protection actuelle soulignent sa valeur patrimoniale, à la fois scientifique, historique et paysagère, dans un territoire riche en vestiges mégalithiques comme le Morbihan.