Frise chronologique
Néolithique
Construction du tumulus
Construction du tumulus
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période d'édification du monument mégalithique.
1727-1737
Visite du président de Robien
Visite du président de Robien
1727-1737 (≈ 1732)
Première mention écrite, attribution erronée aux Gaulois.
1863-1864
Fouilles Galles et Mauricet
Fouilles Galles et Mauricet
1863-1864 (≈ 1864)
Découverte du couloir et des premières gravures.
1882
Acquisition par l'État
Acquisition par l'État
1882 (≈ 1882)
Intégration au patrimoine national avant classement.
1889
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1889 (≈ 1889)
Protection officielle du tumulus et de son dolmen.
1911
Fouilles Zacharie Le Rouzic
Fouilles Zacharie Le Rouzic
1911 (≈ 1911)
Nouvelle campagne archéologique approfondie.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tumulus avec dolmen du Mané-Nélud (cad. C 711) : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Président de Robien - Visiteur et interprète |
Attribue à tort le site aux Gaulois (XVIIIe siècle). |
| René Galles - Archéologue |
Dirige les premières fouilles (1863-1864). |
| Alphonse Mauricet - Médecin et archéologue |
Collabore aux fouilles et étudie les ossements. |
| L. Davy de Cussé - Topographe |
Réalise le premier plan et corpus des gravures (1865). |
| Zacharie Le Rouzic - Archéologue |
Mène des fouilles en 1911, découvre nouveau matériel. |
| Serge Cassen - Préhistorien |
Propose des interprétations modernes des gravures (XXIe siècle). |
Origine et histoire
Le tumulus du Mané-Lud est un monument mégalithique situé à Locmariaquer, dans le Morbihan, datant du Néolithique. Il fait partie d’un ensemble archéologique majeur en Bretagne, acquis par l’État en 1882 et classé Monument Historique en 1889. Ce tumulus oblong de 80 m de long abrite un dolmen à couloir orné de gravures parmi les plus étudiées d’Europe, dont l’interprétation (cétacés, oiseaux, outils) alimente les débats depuis le XIXe siècle.
Les premières explorations remontent à 1863-1864, menées par René Galles et Alphonse Mauricet, qui découvrent un couloir de 10 m menant à une chambre funéraire recouverte de cinq dalles. Les gravures, réparties sur huit orthostates, incluent des représentations interprétées comme des cachalots, des oiseaux en vol, ou des symboles agricoles (haches, jougs). En 1865, L. Davy de Cussé documente ces motifs, tandis qu’en 1911, Zacharie Le Rouzic approfondit les fouilles, révélant un matériel archéologique limité mais précieux.
Le site comprend aussi un cairn oriental, délimité par un alignement de pierres surmontées de crânes de chevaux incinérés, abritant un coffre funéraire en pierres sèches. Les ossements humains et animaux, partiellement carbonisés, suggèrent des pratiques rituelles complexes. Le toponyme Mané-Lud (du breton mané, « butte », et lud, dérivé de uhelan, « très haut ») reflète son importance topographique et symbolique dans le paysage mégalithique atlantique.
D’abord attribué à tort aux Gaulois par le président de Robien au XVIIIe siècle, le tumulus illustre la transition entre le Mésolithique et le Néolithique, comme en témoignent les gravures évoquant à la fois la chasse (cétacés) et l’agriculture naissante (haches, jougs). Les fouilles successives ont mis en lumière son rôle dans les pratiques funéraires collectives et son intégration dans un réseau mégalithique plus large, caractéristique du littoral breton.
Aujourd’hui propriété du département du Morbihan, le Mané-Lud reste un sujet d’étude pour les archéologues, notamment grâce aux travaux de Serge Cassen, qui propose des interprétations innovantes des gravures (comme le cachalot de la dalle n°1). Son état de conservation, altéré par les constructions modernes et les fouilles anciennes, souligne l’importance de sa protection depuis le XIXe siècle.