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Tumulus néolithique dit La Butte contenant des dolmens dans la Manche

Tumulus néolithique dit La Butte contenant des dolmens

    1 Dle Clos des Portes
    50480 Carentan-les-Marais
Propriété privée

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
1800
1900
2000
Vers 3500 av. J.-C.
Construction de la chambre A
Vers 3360 av. J.-C.
Utilisation de la chambre B
1826
Dégâts lors de travaux
1974
Fouille de sauvetage et classement
1984-1986
Fouilles dirigées par A. Chancerel
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tumulus néolithique dit La Butte contenant des dolmens (cad. A 114) : classement par arrêté du 21 novembre 1974

Personnages clés

Guy Verron - Archéologue Fouilles de la chambre A (années 1970)
A. Chancerel - Archéologue Dirige les fouilles de 1984 à 1986

Origine et histoire

Le tumulus de la Butte, situé à Vierville dans la Manche, est un monument mégalithique constitué de deux cairns juxtaposés, chacun abritant une chambre funéraire (A et B). Édifié sur un plateau dominant le golfe de Carentan, il forme une structure en « L » de 26 m et 18 m de long, complétée par deux antennes est-ouest sans fonction funéraire. Les cairns, construits à des époques distinctes, utilisent des matériaux locaux : calcaire dur pour les structures et plaquettes reposant sur un talus d’argile. Ce site illustre l’évolution des pratiques architecturales néolithiques en Normandie.

La chambre A, circulaire (3,20 m de diamètre) et reliée à l’extérieur par un couloir étroit, révèle une organisation interne complexe : sol dallé, cloison en dallettes, et fosses centrales. Elle a livré 2 625 ossements humains (16 adultes, 12 enfants) datés vers 3500 av. J.-C., accompagnés d’un mobilier riche (outils en os/silex, parures, poteries, restes alimentaires). Ces vestiges suggèrent des rites funéraires élaborés, bien que leur signification reste énigmatique. La chambre était probablement recouverte par encorbellement, avec une hauteur estimée à 4 m.

La chambre B, polygonale (2,50 m de côté), présente deux couches funéraires séparées par des plaquettes calcaires, et une sépulture individuelle sous-jacente aux ossements en position inversée. Datée vers 3360 av. J.-C., elle contenait 34 à 38 individus, dont des enfants, avec un mobilier plus modeste (lames, armatures de flèches, collier de coquillages). Les perturbations mérovingiennes et la construction d’une route ont endommagé une partie du cairn. Les trois phases d’utilisation de la chambre reflètent une occupation prolongée du site.

Le tumulus a subi des dégradations en 1826 (creusement d’un fossé) et en 1974 (travaux de terrassement), révélant alors les sépultures. Ces découvertes ont motivé une fouille de sauvetage et son classement aux Monuments historiques le 21 novembre 1974. Une campagne supplémentaire, dirigée par A. Chancerel entre 1984 et 1986, a approfondi l’étude du site. Les datations au carbone 14 et l’analyse du mobilier (style chasséen, outils, parures) ont permis de préciser son rôle dans les pratiques funéraires néolithiques en Basse-Normandie.

L’architecture du tumulus, combinant cairns circulaire et polygonal, antennes et chambres à organisation distincte, témoigne d’une planification complexe. L’utilisation de matériaux locaux (calcaire, argile) et la réutilisation partielle du site (sépultures mérovingiennes) soulignent son importance durable. Les fouilles ont mis en lumière des différences marquées entre les chambres A et B, en termes de richesse du mobilier, de nombre d’inhumés et de rites, offrant un éclairage unique sur les sociétés néolithiques de la région.

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