Frise chronologique
193–235 ap. J.-C.
Restauration sous les Sévères
Restauration sous les Sévères
193–235 ap. J.-C. (≈ 214)
Travaux sur l’aqueduc pendant cette dynastie.
25 mars 2005
Classement MH
Classement MH
25 mars 2005 (≈ 2005)
Inscription comme monument historique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La partie rectiligne du tunnel, principal vestige de l'aqueduc gallo-romain de Carhaix, débutant au hameau de Kervoaguel à Le Moustoir et se terminant à 300 mètres à l'ouest du hameau de Trougaou à Paule, comprenant le tunnel proprement dit, le terrain situé au dessus, ainsi qu'une bande de terre (sol et sous-sol) de 10 mètres de part et d'autre de celui-ci (cad. Le Moustoir ZI 4, 9, 17, 20 à 22 ; ZH 73, 75 à 77 ; voies communales n° 2, n° 13, n° 16 ; Paule ZC 2) : inscription par arrêté du 25 mars 2005
Personnages clés
| Information non disponible - Aucun personnage cité |
Le texte source ne mentionne aucun acteur historique nommé. |
Origine et histoire
Le tunnel de Kervoaguel fait partie de l’aqueduc romain de Carhaix-Plouguer, conçu pour alimenter en eau Vorgium (aujourd’hui Carhaix), capitale des Osismes et seule ville d’Armorique dotée d’un tel ouvrage. Long de 0,9 km, ce tunnel évitait un détour de 7 km en traversant la colline de Trougaou, grâce à un tracé ingénieux incluant une épingle à cheveux de 180 m. La faible pente moyenne (0,27 m/km) témoigne de la précision technique des ingénieurs romains.
Des restaurations furent entreprises sous la dynastie des Sévères (193–235 ap. J.-C.), période marquée par des travaux d’entretien des infrastructures impériales. L’aqueduc fut définitivement abandonné au début du IVe siècle, probablement en raison de changements politiques ou économiques affectant la région. Son tracé, reconnu sur 27 km depuis les montagnes Noires, illustre l’ampleur des réseaux hydrauliques gallo-romains en Bretagne.
Le tunnel, principal vestige conservé, est protégé depuis 2005 au titre des monuments historiques. La zone classée inclut le souterrain lui-même, le terrain sus-jacent et une bande de 10 m de part et d’autre, couvrant les communes du Moustoir et de Paule (Côtes-d’Armor). Ce site archéologique offre un témoignage rare des techniques romaines d’adduction d’eau en Armorique, région alors en marge de l’Empire.
À l’époque gallo-romaine, Vorgium jouait un rôle central comme cité administrative et religieuse pour le peuple des Osismes. L’aqueduc, symbole de romanisation, approvisionnait la ville en eau potable et alimentait probablement des thermes ou des fontaines publiques. Son abandon coïncide avec le déclin des structures urbaines en Bretagne au Bas-Empire, marqué par des crises politiques et des invasions.
Aujourd’hui, le tunnel de Kervoaguel reste un exemple remarquable d’ingénierie antique en Bretagne, où les vestiges romains sont relativement rares. Sa protection vise à préserver ce patrimoine souterrain, vulnérable aux affaissements et à l’érosion, tout en permettant son étude par les archéologues. Le site n’est pas ouvert au public, mais son historique est documenté par les services du patrimoine.