Frise chronologique
1819
Fondation de l'usine
Fondation de l'usine
1819 (≈ 1819)
Création par Pierre Adam sur un moulin.
6 février 1822
Ordonnance royale
Ordonnance royale
6 février 1822 (≈ 1822)
Réglementation officielle de l’usine.
vers 1836
Premier agrandissement
Premier agrandissement
vers 1836 (≈ 1836)
Construction du grand atelier en sheds.
1861
Transition énergétique et agrandissement
Transition énergétique et agrandissement
1861 (≈ 1861)
Remplacement hydraulique par la vapeur.
1919
Pic de production
Pic de production
1919 (≈ 1919)
80 tonnes d’aiguilles produites annuellement.
1952 (ou 1958)
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1952 (ou 1958) (≈ 1958)
Fin de l’activité industrielle.
6 mai 1987
Classement monument historique
Classement monument historique
6 mai 1987 (≈ 1987)
Protection des façades et systèmes hydrauliques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du bâtiment principal au nord, de la maison patronale à l'ouest et de la forge àl'est ; système hydraulique comprenant le bief et ses vannes (cad. AH 115, 169, 179 à 181) : inscription par arrêté du 6 mai 1987
Personnages clés
| Pierre Adam - Fondateur |
Créa l’usine en 1819. |
| Victor Ventillard - Exploitant en 1830 |
Agrandit l’atelier principal. |
| F. Charpentier (et fils) - Derniers exploitants |
Reconvertirent l’usine en moulage plastique. |
Origine et histoire
L’usine d’aiguilles de Mérouvel, située à L’Aigle dans l’Orne, est un ensemble industriel fondé en 1819 par Pierre Adam sur l’emplacement d’un ancien moulin à farine. Réglementée par une ordonnance royale du 6 février 1822, elle fut initialement dédiée à la fabrication d’épingles et d’aiguilles à coudre ou à tricoter, ainsi que de fils de carde et de quincaillerie. L’usine connut deux phases majeures d’agrandissement, vers 1836 puis en 1861, marquées par l’ajout d’un grand atelier de 41 travées en sheds, typique de l’architecture industrielle de l’époque. En 1830, elle était exploitée par Victor Ventillard, qui modernisa les infrastructures, tandis qu’en 1861, l’énergie hydraulique fut remplacée par une machine à vapeur de 25 chevaux.
L’activité de l’usine évolua avec le temps : en 1919, elle produisait 80 tonnes d’aiguilles et d’épingles annuellement, employant alors 42 ouvriers (contre 70 en 1841). Après la Seconde Guerre mondiale, sous le nom Les Fils de F. Charpentier, le site se reconvertit dans le moulage de matières plastiques avant de cesser définitivement son activité en 1952 (ou 1958 selon les sources). Les bâtiments, partiellement transformés en logements, conservent des éléments protégés depuis 1987, dont les façades du bâtiment principal, la maison patronale, la forge, et le système hydraulique (bief et vannes).
L’architecture du site reflète son histoire industrielle : murs en silex enduit avec chaînages de brique, toits à croupes ou à longs pans couverts de tuiles plates, ardoises ou ciment amiante. Le logement patronal, les ateliers et la forge illustrent l’organisation spatiale typique des manufactures du XIXe siècle. Le site, alimenté à l’origine par deux roues hydrauliques (pour le polissoir et la tréfilerie), symbolise la transition énergétique de l’eau vers la vapeur, ainsi que l’adaptation des structures productives aux besoins changeants, avant leur déclin au milieu du XXe siècle.