Frise chronologique
1890-1891
Construction et inauguration
Construction et inauguration
1890-1891 (≈ 1891)
Usine conçue par Leclaire et Lebris, ouverte le 3 décembre 1891.
21 janvier 1910
Crue de la Seine
Crue de la Seine
21 janvier 1910 (≈ 1910)
Inondation arrêtant l’usine 13 jours.
1918-1920
Modernisation
Modernisation
1918-1920 (≈ 1919)
Remplacement des halles par béton armé.
29 juin 1994
Classement historique
Classement historique
29 juin 1994 (≈ 1994)
Halle et cheminée protégées.
1994
Arrêt définitif
Arrêt définitif
1994 (≈ 1994)
Fin de la production d’air comprimé.
2002
Réhabilitation
Réhabilitation
2002 (≈ 2002)
Transformation en école d’architecture.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La halle métallique de 1890 et la cheminée de l'usine (cad. 13 : 02 BX 14) : inscription par arrêté du 29 juin 1994
Personnages clés
| Joseph Leclaire - Ingénieur |
Concepteur de l’usine en 1891. |
| Guy Lebris - Architecte |
Co-auteur du bâtiment original. |
| Frédéric Borel - Architecte |
Réhabilita le site en 2002. |
| Victor Popp - Ingénieur |
Créa le réseau d’air comprimé en 1879. |
Origine et histoire
L’usine de la Société Urbaine d’Air Comprimé (SUDAC), située 3-13 quai Panhard-et-Levassor dans le 13e arrondissement de Paris, fut conçue en 1890-1891 par l’ingénieur Joseph Leclaire et l’architecte Guy Lebris. Inaugurée le 3 décembre 1891, elle abritait quatre machines à vapeur Corliss et 24 chaudières Babcock & Wilcox, alimentant un réseau d’air comprimé pour Paris et sa banlieue. Son hall des machines, orné d’une horloge géante, et sa cheminée de 45 mètres (datée de 1890) symbolisaient son rôle industriel clé. L’usine succédait à deux sites moins importants, rue Saint-Fargeau et rue Sainte-Anne.
En 1910, la crue de la Seine inonda l’usine, arrêtant ses services pendant 13 jours et figeant les horloges parisiennes à 22h53. Modernisée entre 1918 et 1920, elle remplaça ses halles initiales par un bâtiment en béton armé et deux nouvelles cheminées, tandis que ses machines furent électrifiées en 1974. La production cessa définitivement en 1994, mais la halle métallique et la cheminée, classées monuments historiques le 29 juin 1994, furent préservées.
Désaffectée, l’usine devint un lieu de graffiti et d’occupation illégale (le squat « Le 13 », haut lieu du grindcore jusqu’en 2002). Réhabilitée par l’architecte Frédéric Borel, elle accueille depuis l’École nationale supérieure d’architecture Paris-Val de Seine. La maison du directeur (1905), transformée en 2016, et la cheminée — dotée d’un escalier en colimaçon reliant les bâtiments — témoignent de son héritage industriel.
L’horloge monumentale, retirée en 1967, et les turbocompresseurs Brown Boveri (installés dans les années 1920) marquèrent son évolution technique. Le site illustre la transition entre révolution industrielle et réhabilitation patrimoniale, mêlant mémoire ouvrière et innovation architecturale.