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Usine des Batignolles à Nantes en Loire-Atlantique

Usine des Batignolles

    19 Rue du Ranzay
    44300 Nantes
Propriété privée
Usine des Batignolles
Usine des Batignolles
Usine des Batignolles
Usine des Batignolles
Usine des Batignolles
Usine des Batignolles
Usine des Batignolles
Usine des Batignolles
Crédit photo : Scanné par Claude_Villetaneuse - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1917
Construction de l'usine
1922
Conflit CGTU
1936
Occupation de l'usine
1943
Bombardements et résistance
1968
Occupation pendant Mai 68
3 août 2022
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les parties constitutives de l’usine des Batignolles, qui suivent : les nefs A, B et C en totalité, les façades et toitures des nefs D, E, F, I, J et K, les façades et toitures de la nef G avec l’intégralité de sa structure (y compris les poutres, renforts et poteaux intérieurs) ainsi que le pont roulant intérieur avec sa cabine de conduite, d’une part, les trois bâtiments couverts en sheds en totalité (situés entre les nefs A, B, C et D), les portiques extérieurs en béton armé soutenant les chemins de roulement des ponts roulants aériens, les façades et toitures du centre de documentation et de perfectionnement de l’usine conçu par Roland Bechmann, le monument aux morts dédié aux ouvriers batignollais, d’autre part, tels que délimités sur le plan annexé à l’arrêté, figurant au cadastre sur la parcelle section RV : n° 111 sur laquelle se trouve la nef F, n° 228 sur laquelle se trouve la nef E, n° 257 sur laquelle se trouvent les nefs A, B et C, le monument aux morts, le bâtiment Bechmann et les trois bâtiments couverts en sheds, n° 258 sur laquelle se trouve la nef D, n° 262 sur laquelle se trouvent les nefs I, J, K et G ainsi que le pont roulant avec sa cabine de conduite, les portiques extérieurs soutenant les chemins de roulement des ponts roulants aériens : inscription par arrêté du 3 août 2022

Personnages clés

Eugène Freyssinet - Ingénieur Concepteur de l’usine en béton armé.
Famille Goüin - Propriétaires Fondateurs de la Société de construction des Batignolles.
Annick Vidal - Militante mémorielle Sauvegarde de l’église et création maison ouvrière.
Roland Bechmann - Architecte Concepteur du centre de documentation de l’usine.

Origine et histoire

L’usine des Batignolles, située rue du Ranzay dans le quartier Nantes Erdre, fut construite en 1917 par la famille Goüin pour leur filiale Batignolles-Châtillon, spécialisée dans la fabrication de locomotives. Conçue par l’ingénieur Eugène Freyssinet, pionnier du béton armé, elle comprenait dix nefs spacieuses pour accueillir des milliers d’ouvriers. L’usine produisait initialement des locomotives Pacific, avant de diversifier sa production dans les années 1950 (tourelles de chars, tubes lance-torpilles, rotatives d’imprimerie). Des cités ouvrières (Ranzay, Baratte, Halvêque) furent bâties à l’est de Nantes, offrant des logements différenciés selon les statuts : maisons en pierre pour les cadres, pavillons en bois pour les ouvriers, et bâtiments collectifs ou wagons pour les travailleurs étrangers (Polonais, Allemands, Italiens, etc.).

Symbole des luttes sociales, l’usine fut un bastion de la CGT dès les années 1920. En 1922, la CGTU organisa des actions contre les licenciements, suivies de représailles patronales. En 1936, une occupation d’une semaine aboutit à une augmentation de 5 francs pour les ouvriers. Pendant la Seconde Guerre mondiale, 16 résistants furent fusillés, et l’usine subît des bombardements en 1943. Après-guerre, les conflits se poursuivirent, notamment lors des grèves de 1955 avec les ouvriers de la navale de Saint-Nazaire. En mai 1968, l’usine fut à nouveau occupée, et en 1973, un mouvement pour des augmentations de salaires dégénéra en saccage des bureaux.

Rachetée par Schneider en 1963 puis par Creusot-Loire en 1970, l’usine déclina jusqu’à la faillite de 1984, entraînant sa division en trois entités (Rockwell, Batignolles Technologies thermiques, Worthington). Classée partiellement aux monuments historiques depuis le 3 août 2022, son architecture mêle béton armé et sheds industriels. Parmi ses éléments protégés figurent les nefs A à K, les portiques en béton, le centre de documentation conçu par Roland Bechmann, et un monument aux morts dédié aux ouvriers. L’ingénieur Charles Friese et les architectes Mercier & Limousin participèrent également à sa conception.

La mémoire ouvrière fut préservée grâce à Annick Vidal, fille d’un ancien employé, qui sauva dans les années 1990 l’église Saint-Georges-des-Batignolles et sa fresque. En 2006, la Ville de Nantes finança la reconstruction d’une maison ouvrière typique, inaugurée comme salle associative sous le nom Maison Annick-Vidal. Ce lieu, situé boulevard des Batignolles, perpétue aujourd’hui le souvenir des cités disparues et des conditions de vie des travailleurs, marquées par une forte mixité sociale et des inégalités criantes.

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