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Usine des cafés Patin à Paris 1er dans Paris

Usine des cafés Patin

    8 Rue de Lévis
    75017 Paris 17e Arrondissement
Propriété privée
Crédit photo : Benoitdd - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1810
Cabaret géant
1840
Transformation politique
1884
Meeting anarchiste
1885-1889
Construction de l’usine
1906
Immeuble haussmannien
13 septembre 2021
Inscription MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les parties suivantes de l’immeuble situé 8 rue de Lévis : les façades et toitures de l’ancienne usine et de l’hôtel particulier et le sol de la cour, tel que délimités sur le plan annexé à l’arrêté, l’immeuble étant situé sur la parcelle n° 38, figurant au cadastre section CK : inscription par arrêté du 13 septembre 2021

Personnages clés

Étienne Gillet - Industriel et constructeur Fonda l’usine (1885-1889).
Charles Gillet - Héritier et entrepreneur A construit l’immeuble haussmannien (1906).
Louise Michel - Militante anarchiste Y tint un meeting en 1884.
Lemoux - Architecte Conçut l’immeuble de 1906.

Origine et histoire

L’ancienne usine des cafés Patin, située au 8 rue de Lévis dans le 17e arrondissement de Paris, est un rare exemple d’architecture industrielle de la fin du XIXe siècle. Construite entre 1885 et 1889 par Étienne Gillet, elle combine une structure métallique de style Eiffel, des façades en pierre et brique, et des décors éclectiques évoquant le café (fèves en céramique, frises végétales). L’usine de torréfaction, accompagnée d’un hôtel particulier et d’un magasin, remplaçait une ancienne salle de bal, la salle de la réunion, lieu de meetings politiques au XIXe siècle.

Le site a une histoire sociale marquée : en 1840, les cafés Patin transforment l’ancienne salle de cabaret en espace de réunions politiques, accueillant des figures comme Louise Michel, Gambetta ou Victor Hugo. En 1884, un meeting anarchiste y est réprimé par les forces de l’ordre. L’usine, active jusqu’aux années 1980, est reconvertie en appartements, tandis que la boutique est reprise par les Comptoirs Richard. Son inscription aux monuments historiques en 2021 protège ses façades, toitures et la cour intérieure, soulignant son patrimoine architectural et mémoriel.

L’immeuble haussmannien sur rue, construit en 1906 par Charles Gillet (fils d’Étienne), remplace les anciennes structures et perpétue le commerce du café, du chocolat et du thé. La décoration intègre des motifs floraux et des références au café, comme les lucarnes sculptées de l’hôtel particulier ou les contreforts en façade. L’usine, avec sa charpente métallique et ses verrières, illustre l’innovation technique de l’époque, tandis que son éclectisme stylistique reflète les goûts de la bourgeoisie industrielle parisienne.

Avant sa vocation industrielle, le lieu abritait un cabaret géant (1810) capable d’accueillir 5 000 personnes, puis une salle de meetings politiques majeure sous la IIIe République. La salle de la réunion, située près de la barrière de Monceaux, fut un haut lieu de la vie publique parisienne, fréquenté par des orateurs célèbres. L’industriel Étienne Gillet, en y installant sa brûlerie (1885), marque la transition vers une ère industrielle, tout en conservant une dimension sociale et politique au site.

L’usine cesse son activité en 1987, après un siècle de production de café torréfié. Sa reconversion en logements dans les années 1980 préserve partiellement son héritage, tandis que la mention « CAFÉS E. PATIN, MON FÉE EN 1840 », toujours visible sur la façade, rappelle son passé. Aujourd’hui, le site mêle commerces (dont un magasin de café), habitations et mémoire historique, incarnant les mutations urbaines et économiques de Paris.

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