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Usine électrique à Paris 1er dans Paris

Usine électrique

    132 Quai de Jemmapes
    75010 Paris 10e Arrondissement
Propriété d'une association
Usine électrique
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Usine électrique
Crédit photo : Coyau - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1889
Début du projet
1895
Mise en service
1900
Apogée industrielle
1914
Fin de l’exploitation
1992
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Usine électrique (cad. 10 : 04 BP 1) : inscription par arrêté du 5 août 1992

Personnages clés

Paul Friesé - Architecte Concepteur de l’usine et de celle de la rue des Dames.
Compagnie parisienne de l’air comprimé (CPAC) - Concessionnaire Exploitante de l’usine de 1895 à 1914.

Origine et histoire

L’usine électrique du quai de Jemmapes, située au 132-134 quai de Jemmapes dans le 10e arrondissement de Paris, fut construite entre 1889 et 1895 pour répondre aux besoins croissants d’électrification de la capitale. La Ville de Paris, en retard sur d’autres métropoles européennes, confia ce projet à six sociétés concessionnaires, dont la Compagnie parisienne de l’air comprimé (CPAC), chargée d’alimenter 800 000 habitants des quartiers nord-est et centre. L’implantation au bord du canal Saint-Martin, éloignée des travaux haussmanniens, facilitait l’approvisionnement en charbon par péniches et en eau pour les machines à vapeur. L’architecte Paul Friesé, également responsable de l’usine de la rue des Dames, conçut un bâtiment à charpente métallique et façade en briques, inspiré des théories de Viollet-le-Duc.

Mise en service en 1895 sur un terrain exigu de 5 500 m2, l’usine employait 300 ouvriers en 1900 et était considérée comme la plus moderne de France. Cependant, les nuisances et les progrès techniques rendant obsolètes les centrales urbaines, son exploitation cessa en 1914 à l’expiration de la concession. La CPAC vendit alors le site, qui fut transformé en usine de chaussures (1915), puis en entrepôts avant d’être racheté par la société Clairefontaine dans les années 1950. L’édifice, inscrit aux monuments historiques en 1992, abrite aujourd’hui le siège de cette entreprise, sans accès public.

L’architecture de l’usine, en plan en U, se distingue par son corps principal et deux ailes perpendiculaires au quai, avec des pavillons abritant autrefois des accumulateurs. La distribution verticale, contrainte par l’espace limité, superposait machines à vapeur, générateurs, silos à charbon (70 tonnes chacun) et réservoirs d’eau (20 m3). Les cheminées ont depuis disparu, mais la structure en briques rouges et jaunes, similaire à celle de la chocolaterie Menier à Noisiel, témoigne de l’alliance entre art architectural et ingénierie industrielle de l’époque. Le site illustre ainsi la transition énergétique et urbaine de Paris à la Belle Époque.

Liens externes