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Usine élévatoire des eaux à Trilbardou en Seine-et-Marne

Patrimoine classé
Patrimoine hydraulique
Machine des eaux

Usine élévatoire des eaux à Trilbardou

    D54A
    77450 Trilbardou
Propriété de la commune
Usine élévatoire des eaux à Trilbardou
Usine élévatoire des eaux à Trilbardou
Usine élévatoire des eaux à Trilbardou
Usine élévatoire des eaux à Trilbardou
Usine élévatoire des eaux à Trilbardou
Usine élévatoire des eaux à Trilbardou
Usine élévatoire des eaux à Trilbardou
Usine élévatoire des eaux à Trilbardou
Usine élévatoire des eaux à Trilbardou
Usine élévatoire des eaux à Trilbardou
Usine élévatoire des eaux à Trilbardou
Usine élévatoire des eaux à Trilbardou
Usine élévatoire des eaux à Trilbardou
Usine élévatoire des eaux à Trilbardou
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1821
Mise en service du canal de l’Ourcq
1858 et 1865
Sécheresses paralysantes
1865
Installation des machines Farcot
14 avril 1866
Décrets autorisant les prélèvements
1973
Restauration post-choc pétrolier
1987 et 1992
Classements monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les deux bâtiments abritant les dispositifs techniques classés (cad. AB 68) : inscription par arrêté du 22 octobre 1987 - La roue hydraulique Sagebien ; les vestiges de la vanne motrice ; les quatre pompes aspirantes Sagebien ; la cloche d'équilibre ; le pont-roulant (cad. AB 68) : classement par arrêté du 26 mai 1992

Personnages clés

Alphonse Sagebien - Ingénieur et maître d’œuvre Concepteur de la roue hydraulique éponyme.
Eugène Belgrand - Chef des eaux et égouts de Paris Supervisa le projet, loua son rendement.
Chef d’atelier de Trilbardou (anonyme) - Responsable de la restauration Dirigea les travaux post-1973 sur la roue.

Origine et histoire

L’usine élévatoire de Trilbardou, édifiée au 4e quart du XIXe siècle, fut conçue pour alimenter le canal de l’Ourcq en puisant l’eau de la Marne, à 39 km du bassin de la Villette. Classée monument historique en 1989, elle reste opérationnelle, bien que son rôle soit désormais secondaire face aux pompes électriques modernes. Son système de télésurveillance centralise la gestion technique du canal depuis son poste de commande intégré.

La construction de l’usine répondait à un besoin critique : les sécheresses de 1858 et 1865 avaient paralysé la navigation sur le canal, faute de débit suffisant dans l’Ourcq (chutant à 1,5 m3/s en étiage). Deux décrets de 1866 autorisèrent Paris à prélever l’eau de la Marne à Trilbardou et Isles-les-Meldeuses. L’usine, équipée dès 1865 de machines à vapeur Farcot (40 L/s), fut ensuite dotée d’une roue hydraulique Sagebien et de pompes adaptées, conçues pour un rendement énergétique exceptionnel (85-90 %).

Le site exploite une chute de 1,20 m sur la Marne, optimisée après le rachat d’une ancienne tréfilerie incendiée et la suppression d’un barrage voisin. La roue Sagebien, la plus grande jamais construite (11 m de diamètre, 6 m de large), utilise 70 aubes en sapin et un arbre métallique de 17 tonnes. Son mécanisme, couplé à quatre pompes, élève 320 L/s d’eau vers le canal, situé 15 m plus haut. Eugène Belgrand, chef des eaux de Paris, salua son rendement de 70 %, le qualifiant de « meilleur moteur » de la ville.

Après le choc pétrolier de 1973, la roue Sagebien fut restaurée sous la direction du chef d’atelier de Trilbardou. Bien que lente (1,5 tour/min) et nécessitant des transmissions complexes, cette technologie hydraulique, maîtrisée au XIXe siècle, illustre l’innovation industrielle de l’époque. Aujourd’hui, l’usine conserve ses dispositifs classés (roue, pompes, cloche d’équilibre) et son pont-roulant, témoignages de ce patrimoine technique.

L’usine est propriété de la ville de Paris depuis sa construction. Son classement en 1987 (bâtiments) et 1992 (équipements) protège un ensemble unique, où se croisent histoire des canaux, génie hydraulique et architecture industrielle. La route de Charmentray (adresse actuelle) marque son ancrage territorial en Seine-et-Marne, au cœur d’un réseau fluvial vital pour l’Île-de-France.

Liens externes