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Usine Leroy de Livarot à Livarot dans le Calvados

Patrimoine classé Patrimoine industriel Usine

Usine Leroy de Livarot

    19 Rue Duchesne-Fournet
    14140 Livarot-Pays-d'Auge
Propriété de la commune
Crédit photo : MRE78 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1841
Construction de la filature
1847
Installation machine à vapeur Woolf
1899
Reconversion en fabrique de boîtes
1905
Acquisition nouvelle machine à vapeur
1919
Incendie et reconstruction partielle
1988
Fin d'activité et classement MH
1989
Inscription machine à vapeur
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Séchoir ; bâtiment attenant, en retour d'équerre au Nord-Ouest et comprenant le local de la machine à vapeur, la salle des chaudières et la cheminée (cad. AH 299) : inscription par arrêté du 18 novembre 1988

Personnages clés

Jean Lambert-Fournet - Industriel et maire de Lisieux Fonda la filature en 1841.
Georges Leroy - Entrepreneur et locataire Reconvertit l’usine en 1899.
Eugène Ridel - Associé de Leroy Cofondateur de la fabrique de boîtes.

Origine et histoire

L’usine Leroy de Livarot, édifiée en 1841 par Jean Lambert-Fournet, industriel et maire de Lisieux, était initialement une filature de lin. Installée sur l’emplacement d’un ancien moulin à blé, elle symbolisait l’industrialisation croissante de la Normandie au XIXe siècle. En 1847, une machine à vapeur de type Woolf, fabriquée à Rouen, y fut installée pour compléter l’énergie hydraulique.

En 1899, l’usine fut reconvertie en fabrique de boîtes d’emballage pour le fromage de Livarot, louée à Georges Leroy et Eugène Ridel. Ces derniers diversifièrent la production vers le contreplaqué après 1911. Un incendie en 1919 entraîna une reconstruction partielle, tandis qu’une nouvelle machine à vapeur, acquise en 1905 auprès des ateliers Crépelle de Lille, devint centrale pour la production d’électricité (courant continu puis alternatif).

Le site, desservi par un embranchement ferroviaire à partir de 1907, employait jusqu’à 260 ouvriers en 1917, logés en partie dans une cité ouvrière financée par Georges Leroy. Après la Seconde Guerre mondiale, des reconstructions eurent lieu, mais l’activité cessa en 1988. La machine à vapeur, protégée en 1989, et plusieurs bâtiments (séchoir, salle des machines, cheminée) furent inscrits aux monuments historiques en 1988. Aujourd’hui, le site appartient à la municipalité, qui envisage sa valorisation patrimoniale.

L’usine illustre l’évolution industrielle normande, passant de la filature textile à la production fromagère, tout en intégrant des innovations technologiques (vapeur, électricité). Son architecture mêle brique, bois et métal, typique des constructions industrielles du XIXe siècle. La cité ouvrière adjacente, avec ses logements en moellons et brique, témoigne des conditions de vie des travailleurs de l’époque.

Parmi les éléments remarquables, la machine à vapeur de 300 chevaux, fonctionnelle jusqu’en 1968, est un vestige rare de l’ère industrielle. Les turbines Teisset-Brault (1919) et le générateur-alternateur Jeumont (après 1944) marquent les adaptations techniques successives. L’usine, propriété communale, reste un symbole du patrimoine industriel normand, lié à l’histoire économique et sociale de Livarot-Pays-d’Auge.

Liens externes