Frise chronologique
1891
Fondation de l'usine
Fondation de l'usine
1891 (≈ 1891)
Création par Pierre-Eugène Secrétan sur 25 hectares.
1893
Liquidation de la première société
Liquidation de la première société
1893 (≈ 1893)
Remplacée par la Société française d'électro-métallurgie.
1906
Grève et licenciements
Grève et licenciements
1906 (≈ 1906)
228 ouvriers licenciés après un mouvement social.
1917
Pic d'emploi
Pic d'emploi
1917 (≈ 1917)
2 147 ouvriers pendant la Première Guerre mondiale.
1933
Crise et dissolution
Crise et dissolution
1933 (≈ 1933)
Société dissoute, 500 postes supprimés.
1986
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1986 (≈ 1986)
Fin de l’activité industrielle après 95 ans.
2007
Classement monument historique
Classement monument historique
2007 (≈ 2007)
Beffroi et bureaux inscrits à l’inventaire.
2023
Réouverture culturelle
Réouverture culturelle
2023 (≈ 2023)
Inauguration après restauration du beffroi.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures du beffroi de l'ancienne usine (cad. AM 2) : inscription par arrêté du 4 octobre 2007
Personnages clés
| Pierre-Eugène Secrétan - Fondateur de l'usine |
Industriel autodidacte, ruiné en 1889. |
| Eugène Secrétan - Précurseur industriel |
Fournisseur de cuivre pour la Statue de la Liberté. |
| Ingénieur Elmore - Partenaire technique |
Anglais, spécialiste de l’électrolyse du cuivre. |
| André Lenormand - Maire communiste (1953) |
Résistant, député, élu après l’âge d’or industriel. |
Origine et histoire
L’usine Tréfimétaux de Dives-sur-Mer, fondée en 1891 par Pierre-Eugène Secrétan, marque un tournant dans l’histoire de cette cité normande. Installée sur un site marécageux acquis pour 1 franc le mètre carré, elle transforme Dives en une ville industrielle, attirant des centaines d’ouvriers logés dans des cités paternalistes. L’usine, spécialisée dans l’électrolyse du cuivre, du laiton et de l’étain, devient rapidement un acteur majeur de la métallurgie française, avec des clients prestigieux comme le ministère de la Guerre ou les Forges du Creusot.
La production connaît un essor fulgurant jusqu’à la Première Guerre mondiale, avec des effectifs passant de 300 à 2 000 ouvriers. Les cités ouvrières, construites entre 1891 et 1914, reflètent une organisation sociale stricte, marquée par des conditions de vie difficiles (promiscuité, absence d’égouts). L’usine, modernisée après 1918, diversifie sa production (duralumin, plomb, aluminium) mais subit les crises des années 1930, entraînant licenciements et grèves, comme celle de 1936.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’usine, rebaptisée Tréfimétaux sous l’égide de Péchiney-Ugine-Kuhlmann, se spécialise dans le laminage de cuivre. Malgré des investissements (laminoir en 1975), elle ferme en 1986, victime de la désindustrialisation. Seuls subsistent le beffroi et les bureaux, classés en 2007 et restaurés en 2023 pour accueillir une école de musique et un centre des arts de la marionnette. Le site, transformé en port de plaisance (Port-Guillaume), symbolise aujourd’hui la reconversion du patrimoine industriel.
Le beffroi, haut de 16 mètres, incarne l’autorité industrielle face à la mairie et à l’église. Construit en moellons, briques et silex, il abrite initialement les bureaux et le logement du directeur. Ses horloges en céramique, restaurées en 2023, et ses murs intérieurs en palissandre témoignent d’un style éclectique. Les cités ouvrières, partiellement conservées, rappellent le paternalisme de Secrétan, mêlant logement décent et contrôle social.
L’usine a profondément marqué Dives-sur-Mer, faisant passer sa population de 1 097 habitants en 1886 à 6 000 en 1962. Son histoire reflète les tensions sociales (grèves de 1906, 1936, 1968) et les enjeux sanitaires, comme l’usage de l’amiante, responsable de décès après 1986. La destruction des ateliers en 1989 et la reconversion du site en espace culturel et résidentiel illustrent les défis de la préservation du patrimoine industriel.