Frise chronologique
Ier siècle av. J.-C.
Origine supposée gallo-romaine
Origine supposée gallo-romaine
Ier siècle av. J.-C. (≈ 51 av. J.-C.)
Hypothèse d’une statue rapportée d’Orient.
1661
Première immersion dans le Blavet
Première immersion dans le Blavet
1661 (≈ 1661)
Jetée sur ordre des Jésuites et de l’évêque.
1670
Seconde destruction et immersion
Seconde destruction et immersion
1670 (≈ 1670)
Mutilée puis rejetée à la rivière.
1695
Transport à Quinipily
Transport à Quinipily
1695 (≈ 1695)
Restauration ou copie commandée par Pierre de Lannion.
18 novembre 1943
Classement monument historique
Classement monument historique
18 novembre 1943 (≈ 1943)
Protection officielle de la statue et son socle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Statue dite Vénus de Quinipily avec son support et la cuve de granit (cad. ZY 74) : classement par arrêté du 18 novembre 1943
Personnages clés
| Claude de Lannion - Seigneur de Quinipily (XVIIe siècle) |
Ordonna le premier jet dans le Blavet. |
| Pierre de Lannion - Fils de Claude, seigneur de Quinipily |
Fit transporter et restaurer la statue en 1695. |
| Charles de Rosmadec - Évêque de Vannes (XVIIe siècle) |
Demanda la destruction de la statue. |
| Prosper Mérimée - Inspecteur des monuments historiques (XIXe siècle) |
Qualifia la statue de *faux antique*. |
Origine et histoire
La Vénus de Quinipily est une statue de granit de 2,15 m, représentant une femme nue aux bras croisés sous la poitrine, coiffée d’un bandeau. Son origine reste débattue : certains y voient une œuvre gallo-romaine (Ier siècle av. J.-C.), rapportée d’Orient par des soldats romains, tandis que d’autres, comme l’égyptologue Sylvie Caroff, suggèrent une sculpture du XVIIe siècle, inspirée des cariatides du château de Quinipily. La statue était initialement vénérée à Bieuzy-les-Eaux sous le nom de Notre-Dame de la Couarde ou Grock er Hoard (« la vieille gardienne » en breton), objet d’un culte local considéré comme païen par l’Église.
Au XVIIe siècle, la statue fut jetée à deux reprises dans le Blavet (1661 et 1670) sur ordre des Jésuites et de l’évêque de Vannes, Charles de Rosmadec, pour éradiquer les pratiques superstitieuses. Les paysans, attribuant des malheurs à sa disparition (mauvaises récoltes, accident de Claude de Lannion), la ressortirent à chaque fois. En 1695, Pierre de Lannion, fils de Claude, la fit transporter au château de Quinipily à Baud, où elle fut restaurée ou remplacée par une copie. Il fit graver sur son piédestal des inscriptions latines apocryphes, évoquant Jules César et une prétendue origine antique.
Classée monument historique en 1943, la Vénus de Quinipily repose sur une fontaine monumentale en granit, incluant une cuve monolithe de 3 500 litres, peut-être sa niche d’origine. Son iconographie (écharpe rappelant Isis, posture hiératique) et son histoire tumultueuse — entre destruction, culte populaire et récupération seigneuriale — en font un symbole des syncrétismes religieux en Bretagne. Prosper Mérimée, en 1836, la qualifia de faux antique, s’en inspirant peut-être pour La Vénus d’Ille. Aujourd’hui, elle attire les visiteurs dans le parc des ruines du château de Quinipily.