Classement Monument Historique 1994 (≈ 1994)
Protection du patrimoine industriel.
2020
Arrêt définitif
Arrêt définitif 2020 (≈ 2020)
Remplacée par Romanche Gavet.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Centrale hydroélectrique (cad. A 10 à 14) : classement par arrêté du 2 septembre 1994
Personnages clés
Charles Albert Keller - Industriel et fondateur
Créa la centrale et développa l’électrométallurgie.
Florentin Nublat - Architecte
Conçut les bâtiments et l’escalier monumental.
Origine et histoire
La centrale hydroélectrique des Vernes, située à Livet-et-Gavet dans l’Isère, fut construite entre 1916 et 1918 pour alimenter en énergie une aciérie produisant de la fonte synthétique via des fours électriques. Fondée par Charles Albert Keller, pionnier de l’électrométallurgie, elle joua un rôle clé pendant la Première Guerre mondiale en fabriquant des obus (120 000 tonnes entre 1914 et 1918), répondant aux besoins militaires et palliant l’indisponibilité des usines du nord et de l’est. Son architecture, signée Florentin Nublat, mêle robustesse industrielle et esthétique soignée, avec des baies vitrées et un escalier monumental.
La centrale, équipée de turbines Escher Wyss d’une puissance totale de 4,27 MW, fut alimentée par une galerie souterraine reliée au canal de Livet. Après 1918, elle approvisionna Grenoble en électricité et devint un symbole de la houille blanche, mise en avant lors de l’Exposition internationale de 1925. Nationalisée en 1946, elle resta active jusqu’en 2020, date de son remplacement par la centrale de Romanche Gavet. Classée Monument Historique en 1994 et labellisée « Patrimoine du XXe siècle », elle sera réaménagée d’ici 2024.
Charles Albert Keller, industriel visionnaire, y développa des innovations comme le four à arc électrique, transformant la vallée de la Romanche en un pôle industriel majeur. La centrale illustre l’alliance entre progrès technique, architecture audacieuse (bassin de décharge en fontaine, conduites forcées de 2,50 m de diamètre) et contexte géopolitique, marquant l’histoire de l’énergie hydraulique et de la métallurgie en France.
L’arrêt définitif en 2020 marqua la fin d’une ère pour les six centrales de la vallée, remplacées par un projet moderne. Le site, propriété publique, conserve une valeur patrimoniale unique : seule centrale hydroélectrique classée Monument Historique en France, elle témoigne de l’âge d’or de l’industrie alpine et de son héritage architectural, entre forteresse industrielle et villa italienne.
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