Frise chronologique
1781
Signature du bail initial
Signature du bail initial
1781 (≈ 1781)
Bail signé avec M. Datty pour 9 ans.
10 mars 1782
Autorisation municipale
Autorisation municipale
10 mars 1782 (≈ 1782)
Accord de la ville pour l’installation.
1785
Conflit juridique
Conflit juridique
1785 (≈ 1785)
Datty tente de faire annuler le bail.
1791
Changement de propriétaires
Changement de propriétaires
1791 (≈ 1791)
Passage à des bourgeois arlésiens.
1793
Exportations massives
Exportations massives
1793 (≈ 1793)
313 500 pièces vendues (Gênes, Marseille…).
1799
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1799 (≈ 1799)
Crise révolutionnaire et blocus continental.
11 décembre 1987
Classement monument historique
Classement monument historique
11 décembre 1987 (≈ 1987)
Protection de la grande halle et bâtiments.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La grande halle (cad. BS 2) : classement par arrêté du 11 décembre 1987 - Les bâtiments attenants (cad. BS 2) : inscription par arrêté du 11 décembre 1987
Personnages clés
| M. Datty - Propriétaire initial |
Bailleur des lieux en 1781. |
| Grigniard - Maître verrier normand |
Cofondateur de la société en 1782. |
| Joseph Yvaren - Propriétaire en 1791 |
Dernier gestionnaire avant la fermeture. |
| Grigniard et Boulouvard - Associés royalistes |
Guillotinés sur la Canebière en 1791. |
Origine et histoire
La Verrerie de Trinquetaille, située dans le quartier éponyme d’Arles, est une fabrique de verre noir créée dans le dernier quart du XVIIIe siècle. Elle exploitait des ressources locales comme le sable du Rhône et la soude de Camargue, produisant principalement des bouteilles (bordelaises, dames-jeannes) et des carafes. Son activité, intense mais brève, fut stoppée par la Révolution et les difficultés économiques, notamment le coût du charbon importé.
L’histoire du site débute avec une première manufacture de verre blanc au XVIIIe siècle, transférée à Trinquetaille mais fermée après six ans faute de bois local. En 1782, un maître verrier normand et deux Arlésiens (un commerçant et un avocat) relancent la production sous la société Grigniard et Cie, après un bail controversé avec le propriétaire Datty. Malgré des conflits juridiques, la verrerie prospère jusqu’en 1791, date à laquelle elle passe entre les mains de bourgeois arlésiens, dont Joseph Yvaren.
La Révolution marque un tournant : deux associés, Grigniard et Boulouvard, sont guillotinés pour royalisme. La verrerie, fragilisée par le blocus continental et les surtaxes, ferme définitivement en 1799. Au XIXe siècle, la grande halle servira même d’église après la destruction de Saint-Pierre de Trinquetaille pendant la Seconde Guerre mondiale. Classée monument historique en 1987, elle abrite aujourd’hui une mairie annexe.
La production était organisée en flux continu, avec 40 ouvriers logés sur place, travaillant jour et nuit (sauf en été, interdit en Provence). Le site exportait massivement ses bouteilles vers Gênes, Nice, Marseille ou Toulouse, certaines partant probablement vers les Amériques. Le charbon, importé de Loire, et le recyclage du verre cassé local complétaient les approvisionnements.
Architecturalement, la verrerie se compose d’une grande halle basilicale (1783) avec fours centraux et couloirs de ventilation, construite en pierre de Beaucaire. Les bâtiments, rachetés par la ville en 1979, ont révélé des vestiges antiques lors de fouilles. Depuis 2014, des projets de valorisation visent à préserver ce patrimoine industriel unique en Provence.