Frise chronologique
Ier–IIe siècle
Fondation de *Fanum Martis*
Fondation de *Fanum Martis*
Ier–IIe siècle (≈ 250)
Développement autour du sanctuaire de Mars.
IIe siècle
Apogée urbain
Apogée urbain
IIe siècle (≈ 250)
150 hectares, thermes et théâtre construits.
IVe siècle
Fortification du *castellum*
Fortification du *castellum*
IVe siècle (≈ 450)
Remparts et tours après chute de *Bavai*.
XVIIe siècle
Premières découvertes
Premières découvertes
XVIIe siècle (≈ 1750)
Trésor monétaire et aqueduc exhumés.
1823–1825
Fouilles d’Aubert Parent
Fouilles d’Aubert Parent
1823–1825 (≈ 1824)
Palais, sculptures et médailles mises au jour.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des protections nationales.
2004–2012
Nouveaux diagnostics
Nouveaux diagnostics
2004–2012 (≈ 2008)
Fouilles liées au technopôle *Transalley*.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ruines romaines : classement par liste de 1840 - Les vestiges mis au jour à l'occasion du diagnostic prescrit par arrêté préfectoral n° 04/241 du 31 août 2004, contenus dans un terrain sis 150, rue Roger-Salengro (cad. AI 560) : inscription par arrêté du 2 octobre 2007
Personnages clés
| Aubert Parent - Archéologue |
Fouilles de 1823–1825, découverte du palais. |
Origine et histoire
Les ruines romaines de Famars correspondent à l’ancienne cité de Fanum Martis, un vicus gallo-romain prospère entre le Ier et le IVe siècle, construit autour d’un temple dédié à Mars. À son apogée au IIe siècle, l’agglomération s’étendait sur plus de 150 hectares, dotée de thermes publics, d’un théâtre et d’un réseau viaire. Son déclin au Bas-Empire coïncide avec sa fortification après la destruction de Bavai, capitale des Nerviens, devenant alors un castellum protégé par des remparts, des tours semi-circulaires et des fossés successifs. Le site abritait aussi un cimetière du Bas-Empire et du Haut Moyen Âge.
Les premières découvertes remontent au XVIIe siècle, mais ce sont les fouilles de 1823–1825 menées par Aubert Parent qui révélèrent un palais, des sculptures, des médailles et des poteries, aujourd’hui conservées au Musée des beaux-arts de Valenciennes. Classé dès 1840 (première liste des Monuments Historiques), le site fut à nouveau exploré en 2004 et 2012, notamment lors de l’aménagement du technopôle Transalley, conduisant à une inscription complémentaire en 2007 pour les vestiges récents.
Le castellum du IVe siècle présentait une entrée monumentale avec une chaussée surplombant un égout en grand appareil, illustrant l’ingénierie romaine tardive. Les thermes, parmi les mieux conservés, étaient ceints d’une courtine doublée de maçonneries extérieures, tandis qu’un aqueduc et un trésor monétaire furent exhumés dès le XVIIe siècle. Ces vestiges témoignent de l’importance stratégique de Famars comme siège d’un préfet de la Belgique seconde et base militaire après l’abandon de Bavai.
La réutilisation du site au Moyen Âge est attestée par la présence d’un cimetière, suggérant une continuité d’occupation malgré le déclin de la cité antique. Les fouilles modernes ont confirmé la superposition des époques, avec des traces d’artisanat (bronze, poteries) et des infrastructures urbaines (égouts, voies). Le musée de Valenciennes expose une partie des artefacts, dont des bas-reliefs et des instruments en bronze, offrant un aperçu de la vie quotidienne et religieuse de Fanum Martis.
L’histoire archéologique du site est aussi marquée par des lacunes : si les remparts et les thermes sont bien documentés, l’organisation interne de la ville (habitats, ateliers) reste partiellement méconnue. Les campagnes récentes visent à combler ces vides, notamment autour du technopôle, où des vestiges inédits ont été mis au jour en 2012. La localisation actuelle, près de la rue Roger-Salengro, correspond à l’emprise du castellum tardif, dont les fossés sont encore visibles dans le paysage.
Enfin, la protection juridique du site reflète son importance patrimoniale : classé en 1840 pour ses ruines romaines, il fut étendu en 2007 aux vestiges exhumés lors des diagnostics archéologiques. Propriété privée, le site reste partiellement accessible, bien que sa valorisation soit limitée par son intégration dans un espace urbain et économique moderne.