Frise chronologique
1126 et 1178
Premières mentions écrites
Premières mentions écrites
1126 et 1178 (≈ 1178)
Chartes attestant le couvent bénédictin.
1er quart XIIe siècle
Fondation présumée
Fondation présumée
1er quart XIIe siècle (≈ 1225)
Création par les comtes de Metz, dédiée à saint Gangolf.
1525
Dévastation par les Armagnacs
Dévastation par les Armagnacs
1525 (≈ 1525)
Destructions lors des guerres de religion.
1551
Sécularisation de l’abbaye
Sécularisation de l’abbaye
1551 (≈ 1551)
Négociée avec le pape Jules II.
1966
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1966 (≈ 1966)
Découverte des vestiges de la salle voûtée.
8 octobre 1984
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
8 octobre 1984 (≈ 1984)
Protection des vestiges restants.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Abbaye de Graufthal (vestiges de l'ancienne) (cad. C 708) : inscription par arrêté du 8 octobre 1984
Personnages clés
| Folmar Ier - Fondateur présumé |
Comte de Metz, à l’origine de l’abbaye. |
| Théoger - Abbé de Saint-Georges |
Superviseur initial de l’abbaye vers 1100. |
| Jules II - Pape en 1551 |
Autorise la sécularisation de l’abbaye. |
| Dom Alliot - Abbé de Moyenmoutier (1702) |
Signale les ruines restantes. |
| Robert Will - Historien (1989) |
A étudié les vestiges de Graufthal. |
Origine et histoire
L’abbaye de Graufthal, située à Eschbourg dans le Bas-Rhin, est mentionnée pour la première fois au XIIe siècle comme un couvent bénédictin dédié à saint Gangolf. Fondée probablement vers 1100 par les comtes de Metz, elle suit initialement la règle bénédictine sous l’obédience de Théoger, abbé de Saint-Georges en Forêt-Noire. Son essor est attesté par des chartes des XIIe et XIIIe siècles, mais son histoire reste partiellement obscure en raison du manque de sources précises sur sa fondation.
Au XVIe siècle, l’abbaye subit des dévastations successives : d’abord lors de la révolte paysanne et des guerres de religion, puis en 1525 par les Armagnacs. En 1551, les électeurs palatins, avoués de l’abbaye, obtiennent sa sécularisation auprès du pape Jules II, contraignant les cinq dernières moniales à quitter les lieux pour l’abbaye voisine de Saint-Jean-des-Choux. Les bâtiments, abandonnés, tombent en ruine et servent de carrière de matériaux pour le village et l’église protestante locale. Aucun effort de reconstruction n’est entrepris après ces destructions.
Les vestiges actuels, inscrits aux monuments historiques depuis 1984, se limitent à une grande salle voûtée de 20,75 m sur 10,50 m, partiellement enterrée sous des gravats. Cette salle, probablement la salle capitulaire ou le réfectoire, date de la seconde moitié du XIIe siècle et présente des éléments architecturaux remarquables : chapiteaux sculptés de feuillages, frises à entrelacs, et bases de colonnes à griffes. Un incendie, survenu à une date indéterminée, a provoqué l’effondrement des voûtes, recouvertes ensuite par un dallage sommaire. Les fouilles de 1966 ont révélé ces vestiges, mais aucun déblaiement complet n’a été réalisé.
L’abbaye de Graufthal illustre le déclin des établissements religieux alsaciens à l’époque moderne, marqué par les conflits religieux et les transformations politiques. Son histoire reflète aussi les stratégies des pouvoirs locaux, comme les électeurs palatins, qui exploitent les biens ecclésiastiques pour renforcer leur influence territoriale, notamment en intégrant ses terres au comté de La Petite-Pierre. Aujourd’hui, les vestiges, propriété de la commune d’Eschbourg, témoignent de ce passé monastique et des bouleversements qui ont affecté la région.
Les sources disponibles, notamment les travaux de Robert Will (1989) et les données de la base Mérimée, soulignent l’importance archéologique du site, malgré son état fragmentaire. La précision de sa localisation reste médiocre (niveau 6/10), et son accès au public n’est pas clairement documenté. Les éléments protégés, cadastrés sous la référence C 708, se limitent aux vestiges de l’ancienne abbaye, sans mention d’une éventuelle valorisation touristique ou culturelle actuelle.