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Vestiges de l'ancienne abbaye de Graufthal à Eschbourg dans le Bas-Rhin

Vestiges de l'ancienne abbaye de Graufthal

    24 Rue Principale Graufthal
    67320 Eschbourg
Propriété de la commune
Vestiges de lancienne abbaye de Graufthal
Vestiges de lancienne abbaye de Graufthal
Vestiges de lancienne abbaye de Graufthal
Vestiges de lancienne abbaye de Graufthal
Vestiges de lancienne abbaye de Graufthal
Vestiges de lancienne abbaye de Graufthal
Crédit photo : Stéphane DIERZE - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1900
2000
1126 et 1178
Premières mentions écrites
1er quart XIIe siècle
Fondation présumée
1525
Dévastation par les Armagnacs
1551
Sécularisation de l’abbaye
1966
Fouilles archéologiques
8 octobre 1984
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Abbaye de Graufthal (vestiges de l'ancienne) (cad. C 708) : inscription par arrêté du 8 octobre 1984

Personnages clés

Folmar Ier - Fondateur présumé Comte de Metz, à l’origine de l’abbaye.
Théoger - Abbé de Saint-Georges Superviseur initial de l’abbaye vers 1100.
Jules II - Pape en 1551 Autorise la sécularisation de l’abbaye.
Dom Alliot - Abbé de Moyenmoutier (1702) Signale les ruines restantes.
Robert Will - Historien (1989) A étudié les vestiges de Graufthal.

Origine et histoire

L’abbaye de Graufthal, située à Eschbourg dans le Bas-Rhin, est mentionnée pour la première fois au XIIe siècle comme un couvent bénédictin dédié à saint Gangolf. Fondée probablement vers 1100 par les comtes de Metz, elle suit initialement la règle bénédictine sous l’obédience de Théoger, abbé de Saint-Georges en Forêt-Noire. Son essor est attesté par des chartes des XIIe et XIIIe siècles, mais son histoire reste partiellement obscure en raison du manque de sources précises sur sa fondation.

Au XVIe siècle, l’abbaye subit des dévastations successives : d’abord lors de la révolte paysanne et des guerres de religion, puis en 1525 par les Armagnacs. En 1551, les électeurs palatins, avoués de l’abbaye, obtiennent sa sécularisation auprès du pape Jules II, contraignant les cinq dernières moniales à quitter les lieux pour l’abbaye voisine de Saint-Jean-des-Choux. Les bâtiments, abandonnés, tombent en ruine et servent de carrière de matériaux pour le village et l’église protestante locale. Aucun effort de reconstruction n’est entrepris après ces destructions.

Les vestiges actuels, inscrits aux monuments historiques depuis 1984, se limitent à une grande salle voûtée de 20,75 m sur 10,50 m, partiellement enterrée sous des gravats. Cette salle, probablement la salle capitulaire ou le réfectoire, date de la seconde moitié du XIIe siècle et présente des éléments architecturaux remarquables : chapiteaux sculptés de feuillages, frises à entrelacs, et bases de colonnes à griffes. Un incendie, survenu à une date indéterminée, a provoqué l’effondrement des voûtes, recouvertes ensuite par un dallage sommaire. Les fouilles de 1966 ont révélé ces vestiges, mais aucun déblaiement complet n’a été réalisé.

L’abbaye de Graufthal illustre le déclin des établissements religieux alsaciens à l’époque moderne, marqué par les conflits religieux et les transformations politiques. Son histoire reflète aussi les stratégies des pouvoirs locaux, comme les électeurs palatins, qui exploitent les biens ecclésiastiques pour renforcer leur influence territoriale, notamment en intégrant ses terres au comté de La Petite-Pierre. Aujourd’hui, les vestiges, propriété de la commune d’Eschbourg, témoignent de ce passé monastique et des bouleversements qui ont affecté la région.

Les sources disponibles, notamment les travaux de Robert Will (1989) et les données de la base Mérimée, soulignent l’importance archéologique du site, malgré son état fragmentaire. La précision de sa localisation reste médiocre (niveau 6/10), et son accès au public n’est pas clairement documenté. Les éléments protégés, cadastrés sous la référence C 708, se limitent aux vestiges de l’ancienne abbaye, sans mention d’une éventuelle valorisation touristique ou culturelle actuelle.

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