Frise chronologique
IXe siècle av. J.-C.
Construction du village fortifié
Construction du village fortifié
IXe siècle av. J.-C. (≈ 851 av. J.-C.)
Début de l'oppidum sur la colline.
début VIe siècle av. J.-C.
Retour sur l'oppidum
Retour sur l'oppidum
début VIe siècle av. J.-C. (≈ 596 av. J.-C.)
Construction d'un rempart en pierre.
vers 2740 av. J.-C.
Première occupation humaine
Première occupation humaine
vers 2740 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Bergers semi-nomades sur le site.
vers 700 av. J.-C.
Abandon temporaire du Cayla
Abandon temporaire du Cayla
vers 700 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Déplacement vers la plaine (Le Traversant).
fin Ier siècle av. J.-C.
Destruction par les Romains
Destruction par les Romains
fin Ier siècle av. J.-C. (≈ 5 av. J.-C.)
Répression romaine supposée.
IIe siècle après J.-C.
Abandon définitif
Abandon définitif
IIe siècle après J.-C. (≈ 250)
Fin de l'occupation après romanisation.
1960-1961
Classement monument historique
Classement monument historique
1960-1961 (≈ 1961)
Protection des vestiges par arrêts.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Parcelle contenant des vestiges antiques de l'oppidum (cad. C 259) : classement par arrêté du 6 novembre 1961 ; Deux portions de terrains, délimités en rouge sur le plan de bornage, contenant une partie des vestiges antiques de l'oppidum (cad. C 596) : classement par arrêté du 21 novembre 1960 ; Parcelles contenant des vestiges de l'oppidum (cad. C 252, 254, 255, 257, 258, 260 à 271, 595) : classement par arrêté du 23 novembre 1960
Personnages clés
| Odette Taffanel - Archéologue |
Fouilles de la nécropole du Cayla. |
| Jean Taffanel - Archéologue |
Fouilles de la nécropole du Cayla. |
| Pierre Sejalon - Historien/archéologue |
Analyse de la destruction romaine. |
Origine et histoire
L'oppidum du Cayla, implanté sur la commune de Mailhac dans l'Aude, est un site archéologique emblématique dont l'occupation remonte à l'Âge du bronze final (vers 2740 av. J.-C.). Les fouilles ont révélé une présence humaine ancienne, marquée par des migrations venues d'Espagne apportant la métallurgie du cuivre. Ces populations se sont intégrées aux communautés locales, posant les bases d'une occupation durable du site.
À partir du IXe siècle av. J.-C., un village fortifié est édifié sur la colline du Cayla, occupé jusqu'au IIe siècle après J.-C., malgré des interruptions et des destructions successives. Vers 700 av. J.-C., le site est temporairement abandonné au profit d'un habitat en plaine (Le Traversant), où l'apparition du fer et une société hiérarchisée sont attestées. Le retour sur l'oppidum au VIe siècle av. J.-C. coïncide avec la construction d'un rempart en pierre, faisant du Cayla l'un des oppida les plus importants du Languedoc méditerranéen.
L'oppidum s'inscrit dans la civilisation élisyque, ouverte aux influences phéniciennes, étrusques, grecques et romaines. Les Élisyques, producteurs de céréales, commerçaient le fer, l'argent et le cuivre contre des produits méditerranéens (vin, huile, céramiques) et des objets celtiques. La nécropole mise au jour près du village révèle des pratiques funéraires variées, dont l'incinération, et une évolution sociale, d'abord égalitaire puis hiérarchisée.
La romanisation entraîne l'abandon définitif du site vers le IIe siècle après J.-C. Les fouilles, menées notamment par Odette et Jean Taffanel, ont permis de documenter cette histoire complexe, marquée par des incendies (Ve, Ve et IIIe siècles av. J.-C.) et une destruction attribuée à une répression romaine à la fin du Ier siècle av. J.-C. Le site est classé monument historique en 1960 et 1961, préservant ainsi un patrimoine archéologique exceptionnel.
Les travaux archéologiques soulignent les similitudes entre l'évolution du Cayla et celle des autres oppida élisyques, comme Ensérune ou Montlaurès. Ces sites partagent une culture hybride, mêlant traditions locales et apports méditerranéens, illustrant les dynamiques commerciales et culturelles de la région avant la conquête romaine.