Frise chronologique
575–550 av. J.-C.
Fondation de Pech Maho I
Fondation de Pech Maho I
575–550 av. J.-C. (≈ 563 av. J.-C.)
Première occupation et défenses initiales.
475–450 av. J.-C.
Transition vers Pech Maho II
Transition vers Pech Maho II
475–450 av. J.-C. (≈ 463 av. J.-C.)
Reconstruction et plan urbain organisé.
fin IIIᵉ siècle av. J.-C.
Destruction brutale
Destruction brutale
fin IIIᵉ siècle av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Lié à la deuxième guerre punique.
1913
Découverte du site
Découverte du site
1913 (≈ 1913)
Par Henri Rouzaud lors de prospections.
1961
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1961 (≈ 1961)
Protection des vestiges archéologiques.
2004–2011
Fouilles récentes
Fouilles récentes
2004–2011 (≈ 2008)
Découverte des rituels post-destruction.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Parcelles contenant des vestiges archéologiques (cad. B 426, 427) : classement par arrêté du 12 septembre 1961 ; Parcelles contenant des vestiges archéologiques (cad. B 426, 427) : classement par arrêté du 10 avril 1963 ; Parcelles contenant des vestiges archéologiques (cad. B 424, 425, 704) : inscription par arrêté du 10 avril 1963
Personnages clés
| Élisyques - Peuple occupant le site |
Commerçants et guerriers ibéro-languedociens. |
| Henri Rouzaud - Découvreur du site |
Prospecteur en 1913. |
| Joseph Campardou - Premier fouilleur systématique |
Dirige les fouilles de 1948 à 1956. |
| Eric Gailledrat - Archéologue contemporain |
Dirige les fouilles 2004–2011 (CNRS). |
| María José Pena - Linguiste et historienne |
Étudie la toponymie ibère du site. |
Origine et histoire
L'oppidum de Pech Maho est un site archéologique majeur de l’Âge du fer (VIe–IIIe siècle av. J.-C.), situé à Sigean dans l’Aude, en Occitanie. Occupé par le peuple élisyque, il servait de comptoir commercial fortifié entre les cultures méditerranéennes (Grecs, Phéniciens, Carthaginois) et les populations locales. Son emplacement stratégique, près des étangs de Bages et de Sigean reliés à la mer, en faisait un carrefour d’échanges pour le sel, le blé et les minerais, tout en contrôlant la voie héracléenne vers l’Espagne.
Le site, organisé en éperon barré sur une colline de 29 mètres, combine des défenses sophistiquées (remparts en terrasses, fossés, tours) et un habitat structuré en îlots séparés par des rues. Trois phases d’occupation continues (Pech Maho I à III) révèlent une évolution architecturale marquée par l’influence hellénique : utilisation précoce de la pierre, plan urbain organisé, et présence d’un système défensif complexe inspiré des techniques grecques. Les fouilles ont mis au jour des céramiques importées, des inscriptions en ibère et grec, ainsi que des artefacts comme le « plomb de Pech Maho », tablette bilingue attestant de transactions commerciales.
La destruction brutale de l’oppidum à la fin du IIIe siècle av. J.-C., probablement liée à la deuxième guerre punique (Rome vs Carthage), a été suivie de rituels funéraires exceptionnels : banquets commémoratifs, sacrifices de chevaux, et crémations collectives d’individus armés, suggérant un culte héroïque. Le site, enseveli à l’époque romaine, fut redécouvert en 1913 et fouillé systématiquement à partir de 1948. Classé Monument historique en 1961, il offre un témoignage unique des interactions culturelles et des conflits en Méditerranée occidentale avant la romanisation.
Les vestiges architecturaux incluent des remparts successifs (avec une porte charretière à double battant), des fossés équipés de pierres dressées en quinconce, et des habitations en moellons et adobe. Le mobilier archéologique — céramiques, bijoux, monnaies, outils — confirme les échanges avec Empúries, Marseille, et l’Étrurie. L’abandon définitif du site coïncide avec l’arrivée des Volques et la domination romaine en Narbonnaise, marquant la fin de son rôle de place forte élisyque.
Les fouilles récentes (2004–2011) ont révélé des pratiques rituelles post-destruction uniques en Gaule, comme l’incinération collective de guerriers et des offrandes animales, interprétées comme un hérôon (tombeau héroïque). Ces découvertes, couplées à l’étude des remparts et du mobilier, ont permis de reconstituer la vie quotidienne, les techniques de construction, et les dynamiques commerciales du site. Aujourd’hui, Pech Maho est accessible via des visites guidées depuis le musée de Sigean, où sont exposés les artefacts exhumés.