Frise chronologique
1979
Redécouverte du site
Redécouverte du site
1979 (≈ 1979)
Murs arasés empêchant les labours
1980-1981
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1980-1981 (≈ 1981)
Dirigées par Patrick André
14 mars 2000
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
14 mars 2000 (≈ 2000)
Protection des vestiges et terrain adjacent
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestiges subsistants plus une bande de terrain (sol et sous-sol) de 30 mètres autour de ces vestiges (cad. ZC 190) : inscription par arrêté du 14 mars 2000
Personnages clés
| Patrick André - Archéologue |
Responsable des fouilles en 1980-1981 |
Origine et histoire
Les vestiges de l'usine de salaison gallo-romaine du Resto, à Lanester (Morbihan), révèlent un site archéologique exceptionnel dédié à la transformation de poissons. Installée près d’une pêcherie sur les rives du Blavet, cette usine produisait des salaisons, des condiments et probablement du garum, un condiment prisé dans l’Antiquité. Quatre cuves maçonnées, dont deux étanches recouvertes de mortier hydraulique, et une cour de préparation témoignent de son organisation. Le sel, essentiel à la conservation, provenait peut-être de la baie de Bourgneuf ou de Méditerranée. L’activité cesse à la fin du IIIe siècle, avant une réutilisation médiévale comme abri temporaire.
Le site, redécouvert en 1979 en raison de murs gênant les labours, est fouillé entre 1980 et 1981 par l’archéologue Patrick André. Les vestiges, s’étendant sur 1 680 m2, incluent un bâtiment rectangulaire avec une cour carrée de 13,6 m de côté et des contreforts compensant la pente vers le Blavet. Deux cuves servaient à la saumure liquide, les autres au séchage par feu, compensant un ensoleillement insuffisant. Une structure indéfinie, située 200 m au nord-est, pourrait être un habitat ou un atelier annexe. Inscrit aux monuments historiques en 2000, le site est protégé avec une bande de terrain de 30 m autour des vestiges.
L’usine exploitait les poissons locaux (anguilles, saumons, truites de mer) capturés dans le Blavet, apprêtés dans la cour avant salaison. Son déclin coïncide avec les bouleversements de la fin du IIIe siècle, bien que son rôle exact dans le commerce régional reste partiellement connu. Les fouilles de 1998 n’ont pas apporté de nouvelles données sur l’usine elle-même, mais ont éclairé son environnement. Ce site illustre l’importance économique des productions halieutiques en Armorique gallo-romaine, liée aux échanges maritimes et terrestres.