Frise chronologique
vers 90-180
Construction des thermes
Construction des thermes
vers 90-180 (≈ 135)
Étendue sur 90 ans en plusieurs phases.
Ier-IVe siècle
Période d'occupation gallo-romaine
Période d'occupation gallo-romaine
Ier-IVe siècle (≈ 450)
Apogée de Cassinomagus et construction des thermes.
203 millions d'années
Chute de la météorite
Chute de la météorite
203 millions d'années (≈ 500)
Formation de l'astroblème de Rochechouart-Chassenon.
1844-1845
Premières fouilles par l'abbé Michon
Premières fouilles par l'abbé Michon
1844-1845 (≈ 1845)
Identification initiale des vestiges.
1961
Identification des thermes
Identification des thermes
1961 (≈ 1961)
Jean-Henri Moreau reconnaît leur fonction.
2008
Création de la réserve archéologique
Création de la réserve archéologique
2008 (≈ 2008)
Extension du site à 28 hectares.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le mur d'enceinte et les galeries voûtées dites Caves de Longeas (cad. E 51) : classement par arrêté du 3 mars 1959
Personnages clés
| Abbé Michon - Archéologue et historien |
Premières fouilles et plans de Cassinomagus (1844). |
| Jean-Henri Moreau - Archéologue |
Identifie les thermes en 1961. |
| François Kraut - Géologue |
Démontre l'origine météoritique des roches (1967). |
| Napoléon III - Empereur |
Crée la Commission de topographie des Gaules (1858). |
| Albert Masfrand - Fondateur du musée de Rochechouart |
Fouilles et conservation des collections (fin XIXe). |
| A. Coutelas - Archéologue |
Étudie les techniques de construction (2010-2016). |
Origine et histoire
Cassinomagus est une agglomération gallo-romaine établie entre le Ier et le IVe siècle sur le territoire actuel de Chassenon, en Charente (Nouvelle-Aquitaine). Ce site archéologique est réputé pour ses thermes du Ier siècle, parmi les mieux conservés de Gaule, et pour l'utilisation abondante d'impactite, une roche issue de la chute d'une météorite il y a environ 203 millions d'années. L'astroblème de Rochechouart-Chassenon, unique en France, a fourni des matériaux de construction pour les monuments et les habitations locales.
Les thermes de Cassinomagus, dits « de Longeas », s'étendent sur 12 500 m2 et présentent une architecture double symétrique, avec des circuits thérapeutiques et hygiéniques. Leur construction, débutée vers 90 apr. J.-C., s'est échelonnée sur 90 ans. Le site inclut aussi un temple octogonal, un amphithéâtre, et un aqueduc alimentant les monuments. Ces vestiges témoignent d'une agglomération secondaire prospère, reliée aux grandes voies romaines et aux civitates voisines (Pictons, Santons, Pétrocores).
L'occupation du site remonte à la Préhistoire, avec des traces de l'âge de la pierre taillée et de la Tène (IIe-Ier siècle av. J.-C.). Deux fossés laténiens, découverts en 2008, révèlent des céramiques et des outils en fer, suggérant un sanctuaire pré-romain. Après son déclin au IIIe siècle, les monuments furent réutilisés comme carrières de pierres, et une occupation post-romaine perdura jusqu'au VIe siècle. Les fouilles, initiées au XIXe siècle par l'abbé Michon, ont permis d'identifier les thermes en 1961.
Le parc archéologique actuel, ouvert au public, couvre 23 hectares et propose des visites des thermes, de l'aqueduc, et du temple de Montélu. Classé Monument historique depuis 1959, le site attire 20 000 à 25 000 visiteurs annuels. Des recherches récentes, comme le projet TherMoNat (2011-2018), étudient les relations entre les thermes et leur environnement, notamment la gestion de l'eau. Les collections archéologiques, autrefois dispersées, sont désormais conservées sur place.
La géologie locale, marquée par l'impact de météorite, a influencé les techniques de construction. Les thermes, bâtis en impactite et en briques standardisées, révèlent un savoir-faire architectural avancé, avec des murs encore debout sur sept mètres de hauteur. Les carrières d'extraction, comme celles des Trous et les Vignes, ont fourni les matériaux pour les monuments. L'aqueduc, long d'un kilomètre, illustre l'ingénierie romaine pour l'approvisionnement en eau.
Aujourd'hui, Cassinomagus allie préservation et valorisation touristique. Des animations, comme les Journées des thermes ou les Nuits Archéologiques, et des ateliers pédagogiques attirent scolaires et grand public. Le parc propose aussi un jardin botanique de plantes gallo-romaines et des visites ludiques, comme le jeu Le trésor perdu de Cassinomagus. Géré par le Département de la Charente, le site continue de faire l'objet de fouilles et de recherches pluridisciplinaires.