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Vestiges des Thermes romains dans les sous-sols de la maison dite de Lamartine à Aix-les-Bains en Savoie

Vestiges des Thermes romains dans les sous-sols de la maison dite de Lamartine

    11 Bis Rue du Bain Henri 4
    73100 Aix-les-Bains
Propriété de la commune

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
200
300
400
500
600
1900
2000
Fin du Ier siècle (ap. J.-C.)
Première phase de construction
Début du IIe siècle
Deuxième phase de construction
Entre IIIe et Ve siècle
Destruction partielle
9 août 1921
Classement monument historique
1934
Destruction de la piscine extérieure
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les vestiges des thermes romains : classement par arrêté du 9 août 1921

Personnages clés

Borvo - Divinité gauloise Dieu des sources vénéré sur le site.

Origine et histoire

Les vestiges des thermes romains, situés dans les sous-sols de la maison dite de Lamartine à Aix-les-Bains (Savoie, Auvergne-Rhône-Alpes), forment un espace protégé de près de 1000 m2. Ils représentent une partie d’un vaste complexe balnéaire romain, partiellement identifié lors de fouilles antérieures. L’ensemble, long de plus de 160 mètres et profond de 40 mètres, date de l’Antiquité et fut un lieu thermal majeur dès le Ier siècle avant J.-C., dédié au culte des sources et au dieu gaulois Borvo.

Les thermes, classés monument historique en 1921, se composent de trois zones distinctes : un nymphée originel en tuf et briques, des bassins sur hypocauste (dont le Bain de César, octogonal), et des salles chauffées ornées de marbre. Trois phases de construction sont attestées : fin du Ier siècle (piscines et baignoires), début du IIe siècle (salles sur hypocaustes), et une troisième phase ajoutant de nouvelles salles chauffées. Une destruction partielle entre le IIIe et Ve siècle fut suivie d’un abandon progressif, sauf une piscine utilisée jusqu’au XIXe siècle.

Les vestiges, accessibles par des escaliers ou des portes depuis le grand hall thermal, sont couverts d’une dalle soutenue par 22 piliers. Parmi les éléments remarquables figurent une abside en cul-de-four, des gargouilles, des mosaïques, et des banquettes en marbre. La source d’alun, autrefois utilisée pour les bains des pauvres puis comme abreuvoir pour chevaux, fut détruite en 1934. Seule une partie du site a été fouillée, laissant supposer une étendue bien plus grande des installations originales.

Le site illustre l’évolution architecturale et culturelle des thermes romains en Gaule, mêlant techniques de chauffage (hypocauste), décors luxueux (marbre, mosaïques), et fonctions sociales (culte, hygiène, loisirs). Les inscriptions dédiées à Borvo confirment le lien entre thermalisme et pratiques religieuses locales, tandis que la réutilisation médiévale et moderne de certaines structures souligne la pérennité de leur usage.

La localisation des vestiges, sur les premières hauteurs du centre-ville (rue du Bain-Henri-IV), en bordure du quartier Chantemerle-Saint-Pol, reflète leur intégration dans l’urbanisme antique. Leur classement en 1921 a permis leur préservation, offrant aujourd’hui un témoignage unique des thermes monumentaux qui firent la renommée d’Aix-les-Bains dès l’Antiquité. Les matériaux utilisés (tuf, briques, calcaire marneux) et les techniques (voûtes, hypocaustes) révèlent un savoir-faire romain adapté aux ressources locales.

Malgré des destructions partielles et des condamnations de certaines zones, les vestiges accessibles permettent de reconstituer partiellement l’organisation spatiale des thermes : zones humides (piscines, bassins), espaces chauffés (salles sur hypocauste), et lieux de culte (nymphée). Leur étude éclaire aussi les pratiques balnéaires romaines, combinant hygiène, santé, et sociabilité, dans une cité thermale parmi les plus réputées de la Gaule.

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