Frise chronologique
5-6 juin 1832
Émeutes lors des funérailles du général Lamarque
Émeutes lors des funérailles du général Lamarque
5-6 juin 1832 (≈ 6)
Barricades réprimées dans le sang.
1763
Premier passage du Saumon
Premier passage du Saumon
1763 (≈ 1763)
Passage à ciel ouvert précurseur.
1828
Reconstruction par Rohault de Fleury
Reconstruction par Rohault de Fleury
1828 (≈ 1828)
Création du passage couvert actuel.
février 1853
Achat par Mahmoud Ben Aïad
Achat par Mahmoud Ben Aïad
février 1853 (≈ 1853)
Changement de propriétaire tunisien.
1899
Démolition partielle
Démolition partielle
1899 (≈ 1899)
Remplacement par la rue Bachaumont.
21 janvier 1997
Classement monument historique
Classement monument historique
21 janvier 1997 (≈ 1997)
Protection des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Passage ; façades et toitures de l'établissement de bains (cad. 02 : 03 AK 7, 17) : inscription par arrêté du 21 janvier 1997
Personnages clés
| Hubert Rohault de Fleury - Architecte |
Concepteur du passage en 1828. |
| Mahmoud Ben Aïad - Propriétaire tunisien (général) |
Acheteur en 1853, donne son nom. |
| Ahmed Ben Aïad - Fils de Mahmoud, propriétaire |
Ordonne la démolition en 1899. |
| Victor Hugo - Écrivain |
Mentionne les émeutes de 1832. |
Origine et histoire
Le passage Ben-Aïad, situé dans le 2e arrondissement de Paris, est l’unique vestige du passage du Saumon, un ensemble de galeries couvertes construites au début du XIXe siècle. Ce passage privé, initialement nommé galerie Mandar, reliait à l’origine la rue Mandar à la rue Saint-Sauveur (actuelle rue Léopold-Bellan). Il faisait partie d’un complexe plus vaste incluant une allée principale de 175 mètres, une galerie des Bains et une galerie du Salon, desservant des établissements comme un théâtre et des bains publics. Son architecture, signée Hubert Rohault de Fleury (1777–1846), date de 1828, période faste pour les passages parisiens, symboles de modernité et de sociabilité urbaine.
Le passage du Saumon connut un âge d’or jusqu’à la fin du Second Empire, attirant une clientèle bourgeoise pour ses boutiques à la mode et son bal. Il fut aussi le théâtre d’émeutes en juin 1832, lors des funérailles du général Lamarque, épisode immortalisé par Victor Hugo dans Choses vues. Acquis en 1853 par le général tunisien Mahmoud Ben Aïad, le passage déclina progressivement. Son fils, Ahmed Ben Aïad, fit démolir l’essentiel des structures en 1899 pour créer la rue Bachaumont, ne conservant que la galerie Mandar, rebaptisée Ben-Aïad vers 1905. Aujourd’hui fermé au public et classé monument historique depuis 1997, il conserve des traces de son passé, comme l’accès aux anciens bains du Saumon.
Le passage du Saumon marqua la littérature du XIXe siècle, apparaissant dans Le Petit Chose d’Alphonse Daudet (1868), L’Éducation sentimentale de Gustave Flaubert (1869), et Histoire d’un crime de Victor Hugo (1878). Ces références témoignent de son rôle central dans la vie parisienne, entre commerce, loisirs et agitations politiques. Son déclin reflète les transformations urbaines de Paris sous Haussmann, où les passages couverts, autrefois lieux de flânerie, cédèrent la place à des rues plus larges et à des immeubles de rapport. Le passage Ben-Aïad, bien que réduit à une portion congrue, reste un témoignage matériel de cette époque.
Architecturalement, le passage se caractérise par sa verrière et ses façades préservées, typiques des galeries du XIXe siècle. Les éléments protégés incluent les façades et toitures de l’ancien établissement de bains, inscrits au titre des monuments historiques. La localisation actuelle, entre les rues Mandar, Léopold-Bellan et Bachaumont, rappelle son tracé d’origine, bien que l’essentiel du passage ait disparu. Son état actuel, peu entretenu et inaccessible, contraste avec son passé animé, soulignant l’importance de sa préservation comme patrimoine parisien.