Frise chronologique
Ier siècle (début)
Construction du premier théâtre
Construction du premier théâtre
Ier siècle (début) (≈ 115)
Sous Tibère ou vers 50 ap. J.-C.
IIe siècle (milieu)
Démontage et reconstruction
Démontage et reconstruction
IIe siècle (milieu) (≈ 250)
Second théâtre plus vaste construit.
Fin IVe - début Ve siècle
Abandon du site
Abandon du site
Fin IVe - début Ve siècle (≈ 525)
Récupération partielle des matériaux.
23 mars 1970
Classement monument historique
Classement monument historique
23 mars 1970 (≈ 1970)
Protection des vestiges par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Parcelles contenant les vestiges du théâtre gallo-romain et celle servant d'accès (cad. D 683 à 687, 1604) : classement par arrêté du 26 mars 1970
Personnages clés
| Tibère - Empereur romain |
Règne durant la construction initiale. |
| Françoise Dumasy - Archéologue |
Fouilles et études dans les années 1980. |
Origine et histoire
Le théâtre gallo-romain d'Argentomagus, situé à Saint-Marcel dans l'Indre, est un édifice hybride de type théâtre-amphithéâtre, construit au Ier siècle. Il s’inscrit dans un contexte urbain antique marqué par son rôle de carrefour routier, attesté par la table de Peutinger et l’itinéraire d’Antonin. Le site, localisé à l’ouest du noyau urbain, est associé à un temple, formant un sanctuaire suburbain.
L’histoire du monument révèle deux phases distinctes : un premier théâtre, construit sous Tibère ou vers le milieu du Ier siècle, est profondément remanié quelques décennies plus tard, avant d’être démonté au IIe siècle pour laisser place à un second théâtre, plus vaste et régulier. Ce dernier, doté d’une cavea de 85 m de diamètre et d’un bâtiment de scène, illustre l’évolution des techniques de construction gallo-romaines. Les matériaux du premier théâtre sont réutilisés, et des vomitoires sont ajoutés pour faciliter l’accès des spectateurs.
Le site est abandonné entre la fin du IVe et le début du Ve siècle, avec une récupération partielle des matériaux au Moyen Âge. Les vestiges, incluant des gradins en pierre, une orchestra elliptique et des traces de colonnade, témoignent de cette double occupation. Classé monument historique en 1970, le théâtre offre un éclairage précieux sur les pratiques culturelles et religieuses de la Gaule romaine, dans une région alors traversée par des axes commerciaux majeurs.
Les fouilles archéologiques, notamment celles dirigées par Françoise Dumasy dans les années 1980, ont permis de préciser la chronologie et les caractéristiques architecturales du site. Les études soulignent l’adaptation des constructions aux contraintes topographiques, comme en témoigne la forme irrégulière du premier théâtre, adossé à une pente naturelle. Le second théâtre, en revanche, présente un plan plus géométrique, reflétant une volonté de monumentalisation accrue.
Aujourd’hui, les vestiges d’Argentomagus, intégrés au musée et sites archéologiques locaux, constituent un patrimoine exceptionnel pour comprendre l’urbanisation et les loisirs dans les agglomérations secondaires de la Gaule romaine. Leur préservation permet d’étudier les échanges culturels entre Rome et les populations locales, ainsi que l’organisation sociale autour des spectacles publics, réservant des places d’honneur aux notables.