Origine et histoire des Vestiges gallo-romains
Les vestiges gallo-romains de Châteaubleau constituent un ensemble archéologique majeur de la Seine-et-Marne, datant principalement des IIe, IIIe et IVe siècles. Ces vestiges, issus d'un vicus (village antique) situé le long de la via Agrippa, ont été mis en valeur par des fouilles archéologiques menées depuis le XIXe siècle. Le site doit son développement à l'implantation d'une voie romaine reliant Sens à Meaux, favorisant ainsi le commerce et l'urbanisation.
Au IIe siècle, Châteaubleau connaît une période de prospérité économique marquée par l'édification de monuments publics, dont un théâtre pouvant accueillir plusieurs milliers de spectateurs et un sanctuaire des eaux dédié au culte des sources. Ces constructions témoignent de l'importance croissante du village, qui se dote alors d'un réseau de rues et d'habitations. Le IIIe siècle, en revanche, est marqué par des difficultés économiques et politiques affectant l'Empire romain, entraînant une baisse de la circulation monétaire. Pour pallier cette situation, un atelier de fabrication de monnaie parallèle est créé vers 260 et fonctionne durant une vingtaine d'années.
Le IVe siècle voit un abandon progressif du village, les dernières traces d'occupation antique remontant au Ve siècle. Les vestiges découverts, classés pour partie au titre des monuments historiques, révèlent un syncrétisme stylistique entre les influences celtiques et romaines. Depuis le milieu du XIXe siècle, des fouilles bénévoles ont permis de dégager des vestiges tels qu'un théâtre, un sanctuaire des eaux et des fana (lieux de culte). Aujourd'hui, le site est préservé et mis en valeur par l'association AGRIPPA, qui organise des fêtes gallo-romaines pour sensibiliser le public à ce patrimoine.
L'histoire de Châteaubleau ne réapparaît dans les archives qu'en 1203, sous le nom de « Castellum Bilhaut ». Le village change ensuite de nom à plusieurs reprises, passant entre les mains des bénédictins puis des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ce n'est qu'au Second Empire que l'intérêt pour les vestiges antiques est relancé par l'instituteur V. Burin, dont les travaux sont poursuivis par son petit-fils J.-P. Burin. Depuis les années 1960, des campagnes de fouilles ont permis de mettre au jour des quartiers d'artisanat et d'habitation, enrichissant ainsi notre connaissance de ce site antique.
Aujourd'hui, les vestiges gallo-romains de Châteaubleau sont accessibles au public, avec des panneaux explicatifs permettant une visite autonome. Le sanctuaire des eaux est en cours de restauration, tandis que le théâtre gallo-romain peut être visité toute l'année. Les fouilles archéologiques, organisées chaque été, offrent une occasion unique de découvrir les méthodes de recherche et les découvertes récentes. Ce site, témoin d'un passé riche et complexe, continue de fasciner les passionnés d'histoire et d'archéologie.