Origine et histoire des Vestiges gallo-romains
Le site antique de Drevant, sur la rive droite du Cher dans le département du Cher, réunit des vestiges gallo-romains datés du Ier au IIIe siècle et a été classé monument historique dès 1840. Il comprend notamment un théâtre bien conservé, un sanctuaire, deux établissements thermaux et des quartiers d'habitation liés à la navigation sur le Cher et à une voie terrestre longeant la rivière. Implanté sur une surface d'au moins 20 à 25 hectares entre 160 et 170 m d'altitude, il est en partie recouvert par l'agglomération moderne.
Le théâtre, ouvert vers le sud‑ouest et adossé à la pente, combine des traits d'amphithéâtre et de théâtre rural : sa cavea en arc contrepasé atteint 85 m de diamètre et l'arène circulaire mesure 27 m. Des couloirs rayonnants et annulaires desservent les gradins, renforcés par des contreforts aux extrémités, et le pourtour de l'arène est limité côté gradins par un mur‑podium de 2,60 m desservant trois pièces de service sous les gradins ; un bâtiment de scène ferme l'arène à l'opposé. Ses dimensions sont comparables à celles du théâtre de Sanxay et il a été, au moins initialement, utilisé pour des spectacles de cirque, la hauteur du mur‑podium contribuant à la protection des spectateurs. Une gravure du début du XVIIe siècle montre déjà le théâtre en ruine, avec un édifice délabré occupant le centre de l'arène.
Le sanctuaire, d'abord qualifié de « forum » à sa découverte, se présente comme une vaste enceinte de 116 × 89 m contenant un fanum carré de 8,60 m de côté avec cella et galerie périphérique, dont les vestiges ne sont conservés qu'en fondations. Entre le Ier et le IIIe siècle, le sanctuaire évolue : une enceinte en petit appareil de grès couronnée de blocs de calcaire est complétée par un pavillon monumental à l'est et un mur à l'ouest ; après un incendie au cours du Ier siècle un nouveau péribole aménage une cour remblayée et nivelée, avec un large seuil d'entrée et deux pavillons à la façade est. Un petit édifice octogonal creux, longtemps interprété comme puits ou bassin, pourrait correspondre à un bidental à caractère sacré ; l'histoire du sanctuaire au IIe siècle demeure inconnue. Vers l'est prolonge un vaste espace clos de 100 × 80 m pourvu d'un portique, parfois proposé comme forum sans confirmation, et au IIIe ou IVe siècle trois bâtiments d'usage indéterminé sont édifiés sur la façade ouest tandis que le site semble perdre progressivement sa vocation religieuse.
Deux thermes voisins, découverts en 1835 et mesurant respectivement 35 × 29 m et 42 × 33 m, présentent chacun plusieurs pièces sur hypocaustes — tepidarium ou caldarium — chauffées par des praefurnia ; l'absence de communication directe entre eux a suggéré qu'ils pouvaient être distincts pour hommes et femmes. Un aqueduc captant une source à cinq kilomètres a été identifié et pourrait alimenter ces établissements, tandis qu'un autre aqueduc découvert en 1988 ne semble pas être lié à leur adduction. Après les fouilles du XIXe siècle, les vestiges ont été ré‑enfouis pour préserver d'éventuelles investigations futures ; les thermes dits des hommes se situent sous l'école communale et des propositions de restitution ont été faites à partir des relevés anciens.
Des quartiers d'habitation se développent à la fin du Ier siècle ou dans le courant du IIe siècle, principalement au nord du site et à l'est du théâtre ; certains logements comportent des balnéaires, d'autres, malgré une architecture soignée, semblent destinés à des hôtelleries ou à des logements d'ouvriers et d'artisans. Des îlots délimités par des rues, un aqueduc et un édifice qualifié initialement de « basilique » — qui pourrait être une hôtellerie pour pèlerins ou un caravansérail — ont été identifiés ; l'abandon progressif des îlots s'étend du milieu du IIIe siècle au IVe siècle.
Le sanctuaire apparaît comme la première construction datable, dans son premier état sous Auguste, puis est détruit par un incendie vers 80 ; à la fin du Ier ou au début du IIe siècle, l'agglomération connaît un développement important avec la reconstruction et l'agrandissement du sanctuaire, le réaménagement de la façade du théâtre et l'édification d'îlots d'habitation. Sous le Bas Empire, le sanctuaire subit une dernière transformation et l'occupation des secteurs habités perdure au moins jusqu'au milieu du IIIe siècle ; entre le IIIe et le IVe siècle les quartiers résidentiels sont progressivement abandonnés, le théâtre est définitivement délaissé et connaît une occupation artisanale, notamment une fabrique d'objets en bois de cerf. Au Moyen Âge, le site sert de carrière de pierres, puis des récupérations de matériaux ont eu lieu au début du XIXe siècle lors de la construction de baraquements pour des militaires affectés au creusement du canal du Berry.
Les premières fouilles importantes datent du XIXe siècle sous la direction de François‑Alexandre Hazé, qui publia ses résultats en 1834, et les vestiges firent partie des premiers monuments historiques classés en France ; des travaux se poursuivent au XXe siècle, puis les recherches reprennent dans les années 1970 pour le théâtre et les secteurs résidentiels, se prolongent jusque dans les années 1990 et donnent lieu à de nouvelles études et relevés pour le sanctuaire et le théâtre entre la fin du XXe et le début du XXIe siècle en vue d'une monographie de l'édifice.