Frise chronologique
Ier siècle av. J.-C. (troisième quart)
Construction du premier fanum
Construction du premier fanum
Ier siècle av. J.-C. (troisième quart) (≈ 51 av. J.-C.)
Cella carrée avec galerie de circulation.
Ier siècle apr. J.-C. (époque flavienne)
Édification des temples jumeaux
Édification des temples jumeaux
Ier siècle apr. J.-C. (époque flavienne) (≈ 150)
Remplacement du fanum par sanctuaire en dur.
IIIe siècle
Abandon du sanctuaire
Abandon du sanctuaire
IIIe siècle (≈ 350)
Déclin progressif du site culto-religieux.
1964
Redécouverte du site
Redécouverte du site
1964 (≈ 1964)
Identification par François Eygun comme vestige antique.
16 août 1973
Classement monument historique
Classement monument historique
16 août 1973 (≈ 1973)
Protection officielle des vestiges par arrêté.
2017
Rachat par la commune
Rachat par la commune
2017 (≈ 2017)
Début des travaux de mise en valeur.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestiges gallo-romains de Mazamas (cad. C 197) : classement par arrêté du 16 août 1973
Personnages clés
| François Eygun - Antiquaire |
Reconnaît la nature antique du site en 1964. |
| Émile de Lavergne - Professeur de médecine et propriétaire |
Fouilles rigoureuses sur 30 ans (1964–2017). |
Origine et histoire
Le sanctuaire gallo-romain de Mazamas, aussi appelé sanctuaire du Chiron, est un site archéologique situé à 4 km au sud de Saint-Léomer, dans le département de la Vienne (Nouvelle-Aquitaine). Il se compose de deux temples jumeaux de type classique, construits au Ier siècle apr. J.-C. à l’emplacement d’un fanum antérieur datant du Ier siècle av. J.-C. Ce premier édifice, de plan carré avec une galerie périphérique, fut probablement détruit par un incendie avant d’être remplacé par le sanctuaire flavien. L’ensemble, entouré d’un péribole de 3 500 m2, marque l’une des plus vastes aires sacrées du centre-ouest de la France.
Le site, occupé dès le Néolithique moyen, connut une phase de monumentalisaton au Haut-Empire, avec des temples en pierre remplaçant les matériaux périssables. Un atelier de métallurgiste y fut identifié pour la période laténienne, bien que son usage religieux ne soit pas confirmé. Le sanctuaire fut abandonné au IIIe siècle, puis réinvesti au Moyen Âge par un hameau agricole mentionné au XIIe siècle. Peu de structures médiévales subsistent dans l’enceinte antique, hormis un puits recoupant le mur du péribole.
Après des pillages post-Seconde Guerre mondiale, le site fut reconnu en 1964 par François Eygun, puis fouillé méthodiquement par Émile de Lavergne, propriétaire et professeur de médecine, pendant plus de trente ans. Classé monument historique en 1973, il fut acquis par la commune de Saint-Léomer en 2017 pour sa mise en valeur. Les vestiges incluent des fondations de temples, un double portique oriental, et des bases ayant pu supporter statues ou colonnes.
Le sanctuaire se situe aux confins sud du territoire des Pictons, près des frontières des Bituriges Cubes et des Lémovices. Aucune agglomération secondaire n’a été identifiée à proximité, bien qu’une voie antique reliant Poitiers à La Souterraine passe non loin. Le site, alimenté par des étangs voisins, illustre l’importance des lieux de culte ruraux dans l’organisation gallo-romaine, avant son déclin progressif à partir du IIIe siècle.
Les fouilles ont révélé des traces de récupération des matériaux après l’abandon, avec des murs soit entièrement démontés (laissant des tranchées comblées), soit conservés partiellement jusqu’à leurs fondations. La maçonnerie des temples, en moellons de petit appareil, contraste avec les techniques antérieures en pisé. L’absence de prospections extensives limite la connaissance des occupations environnantes, bien que des indices suggèrent une continuité d’activité agricole jusqu’à l’époque médiévale.