Frise chronologique
1987
Début des études techniques
Début des études techniques
1987 (≈ 1987)
Lancement des études préliminaires par le CETE Méditerranée.
10 janvier 1995
Déclaration d’utilité publique
Déclaration d’utilité publique
10 janvier 1995 (≈ 1995)
Signature du décret par Édouard Balladur.
27 septembre 2001
Signature de la concession
Signature de la concession
27 septembre 2001 (≈ 2001)
Convention entre l’État et Eiffage pour 78 ans.
14 décembre 2001
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
14 décembre 2001 (≈ 2001)
Début officiel des travaux de construction.
20 novembre 2003
Achèvement des piles
Achèvement des piles
20 novembre 2003 (≈ 2003)
Les sept piles, dont P2 (245 m), sont terminées.
16 décembre 2004
Mise en service
Mise en service
16 décembre 2004 (≈ 2004)
Ouverture à la circulation, trois ans après le début des travaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Norman Foster - Architecte |
Concepteur du design du viaduc. |
| Michel Virlogeux - Ingénieur (SETRA) |
Responsable des études préliminaires techniques. |
| Jean-Claude Gayssot - Ministre des Transports (1998-2002) |
Signe le décret de concession en 2001. |
| Jacques Chirac - Président de la République |
Inaugure le viaduc en décembre 2004. |
| Jean-François Roverato - PDG de la Compagnie Eiffage du Viaduc |
Signataire de la convention de concession. |
| Édouard Balladur - Premier ministre (1993-1995) |
Déclare le projet d’utilité publique en 1995. |
Origine et histoire
Le viaduc de Millau est un pont à haubans exceptionnel situé dans le département de l’Aveyron, en région Occitanie. Il franchit la vallée du Tarn sur 2 460 mètres, reliant les causses Rouge et du Larzac. Portant l’autoroute A75, il a été conçu pour désenclaver le Massif central et fluidifier le trafic entre Clermont-Ferrand et Béziers, tout en évitant les embouteillages légendaires de Millau, notamment pendant les périodes estivales. Sa construction, initiée en 2001 et achevée en seulement trois ans, a nécessité des innovations techniques majeures pour résister à des vents dépassant 200 km/h et à des contraintes géologiques complexes.
L’idée d’un franchissement autoroutier de la vallée du Tarn émerge dès les années 1970, mais les études techniques et financières ne débutent qu’en 1987. Après des années de concertation et d’opposition, notamment de la part d’associations écologistes et d’élus locaux, le projet est déclaré d’utilité publique en 1995. Le tracé retenu, dit « médiane », évite les zones urbaines et les impacts environnementaux majeurs, tout en permettant une traversée haute de la vallée. Le financement, assuré par un partenariat public-privé inédit en France, est confié au groupe Eiffage pour une concession de 78 ans, incluant la construction et l’exploitation.
Le viaduc cumule plusieurs records mondiaux : il détient la pile la plus haute (P2, 245 mètres), le tablier haubané le plus long (2 460 mètres à son inauguration) et le pylône le plus élevé pour un pont routier (343 mètres). Sa structure, composée de sept piles élancées et d’un tablier métallique ultra-léger, a été conçue par l’architecte Norman Foster et le bureau d’études Greisch. Les techniques de construction, comme le lançage du tablier par translation hydraulique, ont marqué une avancée significative dans le génie civil. L’inauguration par le président Jacques Chirac en décembre 2004 a marqué l’aboutissement d’un projet pharaonique, alliant prouesse technique et intégration paysagère.
L’impact du viaduc sur la région a été immédiat. Il a supprimé les bouchons chroniques de Millau, dynamisé l’économie locale (tourisme, logistique, commerce) et désenclavé l’Aveyron. Les sites touristiques proches, comme les caves de Roquefort ou Micropolis, ont bénéficié d’une affluence accrue. Malgré des critiques initiales sur son coût (320 millions d’euros) et son modèle économique basé sur le péage, le viaduc est devenu un symbole de modernité et un atout majeur pour le territoire. Son succès touristique, avec plus d’un million de visiteurs annuels, confirme son statut d’icône architecturale et d’outil de développement régional.
La maintenance du viaduc, prévue pour une durée d’utilisation de 120 ans, repose sur un système de surveillance hautement technologique. Des capteurs mesurent en temps réel les déplacements du tablier, les tensions des haubans, l’humidité et les vibrations, permettant une intervention préventive. Les matériaux innovants, comme le béton haute performance ou l’acier résistant à la corrosion, garantissent sa pérennité. Le viaduc a également inspiré des projets internationaux, comme en Chine ou aux États-Unis, et reçu plusieurs récompenses, dont le prix Outstanding Structure Award en 2006.
Au-delà de sa fonction autoroutière, le viaduc de Millau est devenu un lieu de manifestations sportives et culturelles. Des courses pédestres, des rassemblements de motards et des événements extrêmes (comme des sauts en base-jump) y sont organisés. Son image, reprise sur des timbres ou dans des documentaires, a contribué à sa notoriété mondiale. Vingt ans après son inauguration, il reste un modèle d’ingénierie durable et un ambassadeur du savoir-faire français.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site officiel ci-dessus