Frise chronologique
1881
Déclaration d'utilité publique
Déclaration d'utilité publique
1881 (≈ 1881)
Ligne Saint-Éloy à Pauniat approuvée.
1901-1909
Construction du viaduc
Construction du viaduc
1901-1909 (≈ 1905)
Travaux dirigés par Félix Virard.
10 octobre 1909
Inauguration officielle
Inauguration officielle
10 octobre 1909 (≈ 1909)
Présidée par René Viviani, ministre du Travail.
1984
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1984 (≈ 1984)
Inscrit à l’inventaire supplémentaire.
2007
Fermeture de la ligne
Fermeture de la ligne
2007 (≈ 2007)
Suspension pour raisons de sécurité.
2019-2020
Réhabilitation et vélorail
Réhabilitation et vélorail
2019-2020 (≈ 2020)
Projet touristique lancé avec la Fondation du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Viaduc des Fades (cad. AK 12, 14 ; AC 147, 199) : inscription par arrêté du 28 décembre 1984
Personnages clés
| Félix Virard - Ingénieur en chef |
Concepteur du viaduc, auteur des études techniques. |
| Abel Draux - Ingénieur en chef |
Directeur des travaux pour les Ponts et Chaussées. |
| René Viviani - Ministre du Travail |
Présida l’inauguration en 1909. |
| Auguste Thomas - Directeur général de Cail |
Entreprise constructrice du viaduc. |
| Jean-Paul Soulier - Historien local |
Auteur d’ouvrages sur le viaduc et la ligne. |
Origine et histoire
Le viaduc des Fades, situé entre Sauret-Besserve et Les Ancizes-Comps dans le Puy-de-Dôme, est un ouvrage ferroviaire exceptionnel construit au début du XXe siècle. Il franchit la vallée de la Sioule à 132,50 mètres de hauteur, ce qui en fait le plus haut viaduc ferroviaire de France et le deuxième d’Europe. Ses deux piles en maçonnerie, hautes de 92 mètres, détiennent toujours le record mondial pour leur catégorie. L’ouvrage, de type semi-métallique, combine acier, fer puddlé et granit, avec un tablier droit caractéristique.
Le projet, déclaré d’utilité publique en 1881, fut confié à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO) et conçu par les ingénieurs Félix Virard et Abel Draux. Les travaux, menés par la Société française de constructions mécaniques (anciens établissements Cail), débutèrent en 1901. Les piles, édifiées par des maçons creusois, furent bâties sans échafaudages grâce à leur structure évidée. Le tablier, monté à l’aide de « cages volantes », fut achevé en 1909 après des défis techniques majeurs, comme un glissement de terrain ayant modifié le plan initial.
Inauguré le 10 octobre 1909 par René Viviani, le viaduc servit à la ligne Clermont-Ferrand–Montluçon jusqu’à sa fermeture en 2007 pour raisons de sécurité. Classé Monument Historique en 1984, il est aujourd’hui menacé par la corrosion. Une mobilisation locale, soutenue par la Fondation du patrimoine et un financement de 500 000 euros issu du Loto du patrimoine en 2019, a permis de lancer sa réhabilitation. Depuis 2020, un parcours en vélorail permet de le découvrir partiellement.
Le nom « Fades » puise son origine dans l’occitan fada (« fée »), lié à une légende locale évoquant deux sœurs ayant construit un pont « fou » au XIXe siècle. Le viaduc, symbole d’audace technique, incarne aussi un patrimoine culturel, comme en témoignent les « Congrès ordinaires de banalyse » organisés sur place entre 1982 et 1991 par des intellectuels situationnistes.
Avec une longueur de 470 mètres et un tablier pesant 2 604 tonnes, le viaduc des Fades reste un modèle d’ingénierie. Ses records (piles les plus hautes en maçonnerie, 66e pont ferroviaire le plus haut au monde) et son architecture sobre, où la poutre droite domine, en font un monument emblématique de l’Auvergne-Rhône-Alpes. Sa protection et sa valorisation touristique actuelles soulignent son importance patrimoniale.