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Viaduc du Viaur à Tauriac-de-Naucelle dans l'Aveyron

Patrimoine classé Patrimoine ferroviaire Viaduc

Viaduc du Viaur à Tauriac-de-Naucelle

    D574
    12800 Tauriac-de-Naucelle
Propriété de l'Etat
Viaduc du Viaur à Tauriac-de-Naucelle
Viaduc du Viaur à Tauriac-de-Naucelle
Viaduc du Viaur à Tauriac-de-Naucelle
Viaduc du Viaur à Tauriac-de-Naucelle
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Viaduc du Viaur à Tauriac-de-Naucelle
Viaduc du Viaur à Tauriac-de-Naucelle
Crédit photo : Thérèse Gaigé - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1887
Concours pour le viaduc
30 août 1889
Projet retenu
9 mai 1895
Pose de la première pierre
4 juillet 1902
Jonction des deux moitiés
5 octobre 1902
Inauguration officielle
18 décembre 1902
Mise en service ferroviaire
2014-2017
Restauration majeure
28 décembre 2021
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le viaduc de Vaur, en totalité, situé à Tauriac-de-Naucelle (Aveyron) sur les parcelles section AH, numéros 122, 146 et 211, et à Tanus (Tarn), sur les parcelles section E, numéros 2, 9 et 882, tel que figuré en rose sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 28 décembre 2021

Personnages clés

Paul Bodin - Ingénieur en chef Concepteur du viaduc pour les Batignolles.
Jean Compagnon - Chef de chantier Ancien de la tour Eiffel, décédé en 1900.
Rosario de Volontat - Ingénieur collaborateur Auteur de notes techniques détaillées.
Gustave Eiffel - Concurrent au concours Participant non retenu en 1887.
Gaboris - Successeur de Compagnon Acheva le chantier après 1900.
L. Dupuy-Dutemps - Ministre des Travaux publics Posa la première pierre en 1895.

Origine et histoire

Le viaduc du Viaur est un ouvrage ferroviaire métallique construit entre 1895 et 1902 pour franchir la vallée du Viaur, sur la ligne Carmaux-Rodez. Conçu par l’ingénieur Paul Bodin (Société des Batignolles), il utilise une technique novatrice de poutres en porte-à-faux (cantilever), unique en France. Sa travée centrale de 220 mètres, articulée en trois points, permet des mouvements sans contraintes supplémentaires. Les culées en maçonnerie de gneiss local et granit du Sidobre ancrent l’ouvrage, tandis que 3 800 tonnes d’acier (dont 3 245 en laminé) composent sa structure rivetée. Inauguré le 5 octobre 1902, il fut le plus long arc métallique au monde à son achèvement, sans accident mortel durant le chantier.

La construction fut dirigée par Jean Compagnon, vétéran des viaducs de Garabit et de la tour Eiffel, décédé en 1900 avant son achèvement. Son successeur, Gaboris, finalisa l’assemblage, dont la jonction des deux moitiés le 4 juillet 1902 ne présenta qu’un écart de 2 mm par rapport aux plans. Le viaduc symbolise le désenclavement du Ségala, région agricole isolée, grâce à la volonté politique des élus aveyronnais et tarnais. Classé monument historique en 2021, il fut restauré entre 2014 et 2017 pour 26 millions d’euros, préservant son statut d’icône technique et paysagère.

L’originalité du viaduc réside dans sa voie ferrée située au sommet de la structure, contrairement aux ponts à poutres classiques. Ses cinq points d’articulation (clé centrale et sabots de culée) autorisent des déformations sous l’effet des charges ou de la température. Les fermes triangulées, espacées de 33,39 mètres à la base, assurent une stabilité optimale contre les vents. Le montage utilisa une plateforme roulante de 131 tonnes, surnommée « la baleine », pour assembler les demi-arches en porte-à-faux. Les pièces, fabriquées au Creusot et à Denain, furent pré-assemblées à Paris avant leur acheminement sur site.

Le projet, lauréat d’un concours de 1887 face à Gustave Eiffel, fut modifié en 1891 pour réduire la portée de 250 à 220 mètres, conformément à un nouveau règlement sur les ouvrages métalliques. La première pierre fut posée en 1895 par le ministre Dupuy-Dutemps, et les maçonneries terminées en 1899. Les épreuves de résistance eurent lieu en décembre 1902, validant sa capacité à supporter des charges exceptionnelles. Le viaduc inspira des œuvres artistiques, comme le tableau Construction d’un Viaduc d’Henri-Marcel Magne ou la nouvelle Lo Pan de Froment de Joan Bodon, soulignant son impact culturel et économique sur le Rouergue.

Aujourd’hui, le viaduc reste un témoignage majeur de l’ingénierie française de la Révolution industrielle. Sa silhouette élancée, avec une hauteur de 116 mètres au-dessus du Viaur, en fait un repère visuel emblématique de l’Occitanie. La technique cantilever, perfectionnée ensuite au pont de Québec (1917), y atteint une maturité remarquable. Le coût initial de 2,7 millions de francs (équivalent à 10 millions d’euros actuels) reflète l’ambition d’un ouvrage conçu comme une vitrine technologique, tout en répondant à un besoin local crucial : relier Rodez à Albi et au réseau national.

Liens externes