Première occupation romaine Début du Ier siècle (≈ 104)
Camp militaire près d’un gué du Rhin.
Vers 192
Début de l’occupation dense
Début de l’occupation dense Vers 192 (≈ 192)
Site d’Oedenburg actif jusqu’au IVe siècle.
312–415
Apogée du vicus
Apogée du vicus 312–415 (≈ 364)
Habitats concentrés sur le plateau.
IVe siècle
Construction d’une forteresse
Construction d’une forteresse IVe siècle (≈ 450)
Découverte d’armes et d’un lingot d’argent.
1989
Classement monument historique
Classement monument historique 1989 (≈ 1989)
Protection des vestiges dégagés et enfouis.
Depuis 1998
Fouilles internationales annuelles
Fouilles internationales annuelles Depuis 1998 (≈ 1998)
Mission franco-germano-suisse sur le site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Totalité des vestiges dégagés et enfouis, y compris le sol (cad. 50 21, 22, 83, 84, 152, 153) : inscription par arrêté du 20 novembre 1989
Personnages clés
Ptolémée - Géographe grec
Première mention d’*Argentovaria* dans ses écrits.
Vespasien - Empereur romain (69–79)
Expansion impériale jusqu’au Danube.
J. D. Specklin - Cartographe du XVIe siècle
Représente le site sur sa carte (1576).
Origine et histoire
Le vicus gallo-romain de l'Oedenbourg, mentionné sous le nom d’Argentovaria dans la Géographie de Ptolémée, est un site archéologique majeur situé à Biesheim (Haut-Rhin). Bien que le lien entre le nom antique et le site n’ait pas été confirmé par l’archéologie, les fouilles attestent d’une occupation romaine dès le début du Ier siècle, près d’un gué stratégique sur le Rhin. Sous Vespasien, le camp militaire fut abandonné par l’armée et réinvesti par des civils, marquant le début d’une occupation civile durable.
L’archéologie distingue deux phases d’occupation dans la première moitié du Ier siècle : d’abord sur le site de Rheinacker (nord-est), puis dans la zone du Ried (sud-ouest), de part et d’autre du canal de dérivation du Rhin. Entre la fin du IIe siècle (vers 192) et le début du IVe siècle, le site d’Oedenburg fut activement occupé, avant de connaître son apogée entre 312 et 415, avec une concentration des habitats sur le plateau plutôt que dans la vallée. Une forteresse y fut construite au IVe siècle, comme en témoignent des artefacts militaires (cuirasses, glaives) et un lingot d’argent estampillé (Donativum).
Les premières découvertes remontent au XVIIe siècle, avec des objets gallo-romains exhumés sporadiquement. Des fouilles systématiques débutèrent en 1824 et 1868, lors de la construction du canal du Rhin. Depuis 1960, des sondages ont révélé des vestiges de camps julio-claudiens (1999), des bâtiments civils, une nécropole et des objets religieux. Une mission internationale (France, Allemagne, Suisse) fouille le site annuellement depuis 1998. Classé monument historique en 1989, les vestiges sont exposés au musée communal.
Le site figure sur la carte de J. D. Specklin (1576) et illustre l’évolution d’un vicus frontalier, marqué par des déplacements stratégiques et une occupation continue jusqu’au début du Ve siècle. Les fouilles révèlent une vie mixte, à la fois civile (habitats, nécropole) et militaire (armement, forteresse), reflétant l’importance du Rhin comme axe de contrôle et d’échanges sous l’Empire romain.